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‘‘220 logements’’ : chronique de l’histoire douloureuse de la Côte d’Ivoire

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Comme le film de l’Algérien Mohammed Lakhdar-Hamina, sorti en 1975, cette pièce théâtrale, ‘‘220 logements’’, aurait pu s’intituler ‘‘Chronique des années de braise de la Côte d’Ivoire’’. C’est une pièce qui fait une plongée humoristique dans la Côte d’Ivoire des années du multipartisme naissant du début des années 90. Elle est présentée ce vendredi 21 janvier à 19h, à l’Institut français d’Abidjan.

Relatée sous forme de comédie musicale, ‘’220 logements’’ réveille de merveilleux mais également douloureux souvenirs de la Côte d’Ivoire qui amorçait le virage du pluralisme politique. Le pays bouge sur tous les fronts : revendications politiques et sociales avec des marches et des grèves, les étudiants posent le problème de leurs bourses, le décès d’Houphouët-Boigny, la dévaluation du franc FCFA, le coup d’État de noël 1999…

Dans les quartiers, ce sont les soupçons et la méfiance entre les amis d’hier. Les langues se délient et on se parle mal : « S’ils sont garçons, ils n’ont qu’à dire qu’ils ne sortent pas des classes. Ils vont voir que nous on est FESCI », « Toi Mado, c’est par générosité qu’on t’appelle Mado. Parce que si on regarde bien avec ta forme-là, toi, tu es béninoise. Rentre chez toi », « C’est un service qu’on vous a rendu. Ce n’est pas une prise en charge » ou encore « Houphouët, dans sa grande générosité, a ouvert les portes de la Côte d’Ivoire comme autoroute du nord. Donc, maintenant vous pensez que vous pouvez mettre votre bouche dans notre affaire ». Les amis d’hier se regardent désormais en chiens de faïence.

Tout ce bouillonnement social est accompagné par la musique. Du reggae au Mapouka en passant par le zoblazo et le zouglou, les artistes ne tarissent pas d’idées et de concepts. « On a débrouillé, débrouillé jusqu’à gagner » reprennent en chœur la jeunesse estudiantine en liesse après le coup d’État de 1999.

Ici, cette période délicate mais combien fondatrice est dédramatisée. La pièce s’appelle ‘’220 logements’’ pour juste rappeler les premières cités d’Abidjan. « A cette époque, j’étais à l’étranger. Je voudrais réfléchir sur ce qui a pu bien se passer pour qu’on en arrive là. Pour qu’on puisse parler de réconciliation, il faut regarder ce qui s’est passé avant », explique Chantal Djédjé, promotrice de l’espace La Fabrique culturelle. ‘’220 logements’’ est son idée et c’est elle qui a signé le texte.

La mise en scène est l’œuvre de Souleymane Sow, dans une chorégraphie d’Hermann Nikoko. Selon le metteur en scène, la pièce pourrait se décliner en trilogie si elle est bien accueillie par le public. Deux autres volets viendraient prendre en compte les périodes 2000-2010 et 2011-2020.
Avant d’atterrir dans la salle de l’ex Centre culturel français (CCF) ce vendredi 21 janvier, ‘’220 logements’’ a déjà été jouée à La fabrique culturelle les 14 et 15 décembre dernier.

O. A. Kader

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