C’est la stupeur à Kinshasa. Alors que ses dernières productions tournent en boucle depuis quelques temps sur les chaines TV et radios ainsi que dans les bars et discothèques, Koffi Olomidé vient d’être frappé par la censure. Une censure portant sur huit de ses chansons : ‘’Pi pi pi’’, ‘’Élégance’’, ‘’Ba Esclaves’’, ‘’Jour de joie’’, ‘’Alidor’’, ‘’Tata Mobimba’’, le tout dernier ‘’Papa Ngwasuma’’ et même la chanson de Singuila ‘’La femme de quelqu’un’’ dans laquelle il chante.

Les Kinois surpris par cette censure n’y comprennent rien d’autant que la plupart de ces chansons sont sorties depuis un certains temps déjà et connaissent du succès auprès du public. La censure s’exécute au moment de la publication d’une œuvre. Mais cette fois, à Kinshasa, elle intervient plusieurs mois après la sortie des chansons qui sont déjà entrées dans le quotidien des mélomanes.

A voir de près, cette censure massive a tout l’air d’un blâme contre la personne de Koffi Olomidé et non contre ses œuvres. Car, selon le communiqué de la Commission nationale de censure (qui est placée sous la tutelle du ministère de la Justice), le chanteur a fait preuve de « manque de civisme et de considération » pour ne s’être pas présenté aux « invitations » à lui adressées. Elle considère donc l’artiste comme un « récidiviste dans ce genre de comportement ». Evidemment, Mopao n’a pas tardé à réagir. Et, au micro de l’Agence France Presse, il a déclaré : « Le Congo ne mérite pas une commission de censure.» Considérant que cette commission de censure est un instrument institué par le régime de feu le président Mobutu Sessé Séko, Olomidé estime que les gens qui la contrôlent en font « un abus de pouvoir », affirmant, dans sa colère face à cette sanction, « Je ne suis pas fier de cela en tant que Congolais.» Puis, profitant du micro de l’AFP, il a lancé un appel au président Félix Tshisékédi, en disant : « Il faut qu’il regarde cela un peu de près. Il y a trop d’abus de pouvoir. Nous sommes un peuple majeur.»

C. Simba

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