Depuis quelques mois, Abou Nidal a ouvert sa structure Nidal Productions. Elle comporte un studio d’enregistrement, une cellule de réalisation des clips vidéos et du booking d’artistes.  Dans cette causerie, le chanteur parle de sa société, son nouveau concept, son clash avec Dj Arafat, les Awards du couper-décaler et de ses projets.

Il est 18 heures ce samedi 8 octobre, lorsque nous arrivons au siège de Nidal Production à Cocody-Angré 8ème tranche. Sur la terrasse à l’entrée, nous sommes accueillis par un spectacle des danseurs en pleine répétition. C’est la chorégraphie du nouveau concept d’Abou Nidal qui s’intitule  ‘’Tu suis ou tu ne suis pas. Ici n’est pas là-bas, là-bas n’est pas ici’’. Après un moment d’observation, le chanteur entre en scène et participe au ballet. Quelques riverains du haut de leur immeuble prennent plaisir à y assister.             ‘’C’est depuis Paris que mon concept est né. Je travaille sur ça il y a plusieurs mois et je viens de le lancer. Les gens peuvent dire ce qu’ils pensent mais tout ce qu’on fait, on n’invente plus rien parce que tout a été déjà créé. On adapte tout simplement. Par exemple ma danse ‘’la chaussure qui parle’’. Je me suis inspiré de la claquette, une danse espagnole en y ajoutant mon style. Et je l’ai toujours dit, le concept appartient à celui qui sait le mettre en valeur’’, explique le chanteur couper-décaler.

Par la suite, une visite guidée des lieux nous permet de découvrir la structure dotée d’un matériel de pointe. Après Abou nous fait écouter des titres d’artistes qu’il a produits tels que Féla, un congolais qui fait l’afrotrap, Matador, Kérozène Abarango et Kidman, un chanteur nigérian. 

• Es-tu le proprio ou le gérant de Nidal Production ?

– Cette structure est mon propre ‘’petit bébé’’. Elle est à la disposition de tous les artistes couper-décaler. Il y a Wara Records qui est le studio d’enregistrement, une cellule de réalisation de clip vidéo, le coaching d’artistes, le booking et le site web infodebabi animé par Léwis Parker mon chargé de communication. On a également la fondation Abou Nidal  qui lutte contre le VIH SIDA. Et la ‘’sapé Sapologie’’ qui promeut la sape en collaboration avec Avy Isaac.  

• Quand est-ce que tu as nourri l’idée de monter cette boîte ?

– Il y a très longtemps que j’ai muri l’idée mais je n’ai pas voulu brûler les étapes. Parce que je suis entré dans le milieu du show-biz sans connaître véritablement tous les rouages. Donc, il fallait que je prenne le temps de maitriser certaines choses avant de lancer ma structure. Maintenant avec 12 ans de parcours, je suis aguerri pour démarrer mes activités. 

• Est-ce une reconversion ou une retraite anticipée ?

– (Rire) Non, je ne peux parler de reconversion puisque je suis encore sur scène. Mais avec mon nouveau statut de producteur, ma structure permettra aux jeunes artistes de mettre en exergue leur talent. Sinon  dans la vie, tout est une question d’organisation. Je peux faire le couper-décaler à 60 ans parce que si le courant musical évolue, il faut s’adapter. A mes débuts, je ne faisais pas de prestation live mais aujourd’hui, je peux jouer en live sans grande difficulté. Et je vous fais cette confidence. J’ai constaté que les artistes chanteurs qui ont un studio sont plus en plus productifs. La preuve, je vous ai fait écouter une chanson qui sortira dans 6 mois. Et j’ai plusieurs maquettes sur lesquelles je travaille quand je viens dans mon studio. Or, par le passé, il fallait prendre un rendez-vous avec un arrangeur et parfois, c’était compliqué. 

• Tu sembles même plus engagé dans le business que le show ?

– Oui, bien évidemment. Le show m’a fait connaître, maintenant je développe le volet business pour rentabiliser mes 12 ans de carrière et mon nom qui est désormais un label. 

• Qui te finance ?

– (Rire) J’ai des parrains qui m’aident, mais n’oubliez pas que je suis un ‘’petit dioula’’. Déjà très jeune mes parents m’ont inculpé cette rage de me battre pour réussir dans la vie. Maintenant, puisque certains acteurs du couper-décaler sont taxés de personnes inconscientes, moi j’ai la tête sur les épaules. Je veux faire la différence. Afin de démontrer que la vie ne se limite pas qu’aux ‘’bruits’’. Il faut réaliser des projets qui vont faire parler de toi. 

• N’est-ce pas du Bénin que proviennent tes ressources ?

– Oui du Bénin, de la Guinée Equatoriale et même de la Côte d’Ivoire. J’ai connu des personnalités qui ont de l’estime pour moi.  Et ces autorités, très souvent, ne veulent pas que je parle d’eux par ce qu’ils agissent pour moi en toute discrétion. 

• Tu serais en clash ces temps-ci avec Dj Arafat ?

– Moi, je ne suis pas un artiste à scandale. Cette information m’a également surpris. Et les gens m’appellent de partout pour me dire de ne pas me retrouver dans les clashs. Je n’ai jamais eu de problèmes avec Dj Arafat. Vous avez vu que certains de ces danseurs sont venus faire ma chorégraphie. Dans le milieu, s’il y a un artiste qui aime Abou Nidal c’est bien Arafat. Je n’ai pas de problème avec lui. La Warafamily et la Yôrôgang travaillent ensemble. Il faut que les choses soient claires pour ne pas que les gens interprètent cette information autrement. Après la victoire des artistes couper-décaler au clash musical de la RTI, on s’est retrouvé au studio ‘’Tokémento’’ d’Elvis Ségon à Marcory. (Il nous présente la vidéo). Il y avait Dj Léo, Ariel Sheney, Arafat, Molare le boss du Couper-décaler, nous avons enregistré un single baptisé ‘’ La vie c’est l’argent’’. Donc, je n’ai pas de brouille avec qui que ce soit dans l’univers musical. 

• N’est-ce pas trop fort de dire que Molare est le boss du couper-décaler ?

– Non, pourquoi? Molare a écrit l’histoire du couper-décaler avec ses amis de la Jet 7. Il est propriétaire du couper-décaler, donc il est le détenteur du couper-décaler. Il n’y a pas de jalousie dans cette affaire. Certains peuvent contester ou ne pas se reconnaitre dans ce que je dis mais la réalité est là. Molare est le boss du mouvement couper-décaler. Taisons nos querelles pour l’émergence du couper-décaler.  

• Que penses-tu de la sortie de Lino Versace concernant les Awards du couper-décaler ?

Un adage le dit : ‘’ Le linge sale se lave en famille’’. Et les problèmes de personne, je n’entre pas dans ça. Si Lino Versace a dit des choses, c’est qu’il a ses raisons. Mais Lino et Molare sont des frères, ce n’est pas sur les réseaux sociaux qu’il va s’étaler. Il y a un comité d’organisation mis en place. Son manager ou lui-même peut entrer en contact avec le comité ou même directement, il peut appeler Molare pour lui faire des suggestions. C’est encore plus sage. Si tout le monde doit se plaindre de l’organisation, finalement qu’est ce qu’on retiendra ? Est-ce dans ce cafouillage que l’évènement pourra avoir lieu ? C’est pourquoi ma priorité c’est la solidarité, la cohésion, l’unité pour pérenniser le couper-décaler. Donc, l’heure n’est pas à la division. Molare a décidé d’organiser les Awards du couper-décaler. Il peut faire des erreurs mais ce sont des choses qu’on peut rattraper plus tard. J’entends des managers et autres artistes se plaindre par-ci par-là. Molare lui-même a été nominé dans combien de catégories ? Il aurait pu se retrouver dans toutes les catégories puisqu’il en est l’initiateur. 

• Quelques projets immédiats avec ton nouveau concept ?

– Je vais plus accentuer la promotion sur la scène locale. Parce que mon absence à cause de mes voyages a fait baisser ici ma cote de popularité. C’est pourquoi je vais lancer ma caravane ’’ La Waraba tour’’ dans les écoles et dans des universités à travers les villes de la Côte d’Ivoire. Ensuite, j’ai un spectacle à Dubaï avant ma tournée européenne.

 

Par Charly Légende 

charlylegende@gmail.com

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