Ce vendredi 28 août 2020, la Côte d’Ivoire culturelle va faire ses derniers adieux à Rose Marie Guiraud. La native de Oyably, qui devait rejoindre la terre de ses ancêtres à Kouibly, reposera finalement à Williamsville, à Abidjan.

Une femme immense s’en va donc ce vendredi. Danseuse chorégraphe aux talents extraordinaires, Rose Marie Guiraud, décédée le 20 avril dernier, restera un monument de l’art contemporain. Dans son livre autobiographique, elle a écrit (avec humilité) : « J’ai écrit ce livre, d’abord pour laisser une petite trace de mon passage sur cette planète Terre ». Mais, ses pas, sa danse – qui ont émerveillé sur les scènes du monde – n’ont-ils pas déjà marqué cette terre ?

Car avec la compagnie de danse Les Guirivoires, elle a sillonné le monde, donné de la joie à tant et tant de gens. Même si la génération actuelle n’assimile au nom Marie-Rose Guiraud que l’école de danse EDEC qui n’est que la pépinière qu’elle a plantée à Riviera Palmeraie pour produire les futurs danseurs et futures « Guirettes ».

Ces jeunes artistes, depuis quelques jours, ont commencé une animation quotidienne pour rendre hommage à la fondatrice de cette école. Ce mercredi 26 août, ils ont occupé la voie de l’école, entre le célèbre Carrefour Guiraud et la rue EDEC avec des danses. Une grande animation qui a drainé du monde.

Si « l’émotion est nègre » comme l’a dit Senghor, le rythme l’est aussi, dans le sang et le corps du Noir qui sait si bien lui donner une expression, un langage qui ne laisse personne indifférent. Et Rose Marie Guiraud savait à la fois exprimer et provoquer avec son magnifique corps (par la danse) des émotions capables d’arracher le spectateur de son siège. Et ce sont ces moments qui donnent à la vie toute sa beauté et sa lumière.

C’est pourquoi Rose Guiraud disait : «La danse est beauté, amour du donner et du recevoir, vie et lumière».

R. Jordan

 

 

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