Cadre et fils de Bingerville, Ahin Jean est un homme engagé dans les œuvres sociales et culturelles dans l’ancienne capitale. Il est le commissaire général de Cokotcha festival qui a eu lieu les 15, 16 et 17 avril à Bingerville. Dans cet entretien, l’enfant prodige de Bingerville fait le bilan de son festival. Et parle entre autre de ses projets pour sa ville natale.

• Quel bilan faites-vous de la 2ème édition de Cokotcha festival ?

 

– Je pense que c’est une réussite. Nous avons reçu un bon écho de cette 2ème édition. Déjà à l’ouverture du festival le samedi, il y a eu du beau monde autour de la Journée du grand ménage, qui est une opération coup de balai sur plusieurs artères de la cité. Le lendemain dimanche nous avons offert un concert géant gratuit au terrain d’Adjamé Bingerville. Où on a enregistré plus de 3000 personnes qui sont venues communier avec leurs idoles, Arafat, Yodé et Siro…. Enfin le lundi nous avons invité les Bingervillois à la place Ahin et à Abatta chez Tata Lucette, pour partager ensemble le mets Cokotcha, en présence des autorités, dont la ministre Anne Ouloto. A cette occasion nous avons offert le foutou de banane à plus de 500 invités. 

• Etes-vous personnellement satisfait après ce rendez-vous ?

– Oui bien sûr que je suis satisfait. Il y a cependant toujours des imperfections, c’est normal, c’est une œuvre humaine. Les années à venir, il y aura bien entendu des choses à améliorer. 

• Peut-on savoir d’où vous est venue l’idée de la création de ce festival ?

– A l’époque, entre amis de promotion, on organisait des rencontres de retrouvailles au village autour du mets de foutou banane. C’est  cette façon de se retrouver dans une belle ambiance qu’on a voulu élargir. Nous avons ainsi déporté cela au-delà du village à travers tout Bingerville pour en faire une manifestation grandiose pendant la célébration de la Pâques. C’est une occasion pour faire de plus ample connaissances, briser les barrières entre communautés. Et rassembler les populations de Bingerville pour vivre des moments de joie. 

• Votre ambition est-elle de faire la promotion de ce mets local ?

– Tout à fait, l’idée est de prendre ce mets comme prétexte pour réunir les uns et les autres et créer la cohésion entre les Bingervillois et leurs amis d’ailleurs. Sans oublier de prôner les valeurs d’amitié. 

• Vous voulez en faire une nourriture privilégiée des Ivoiriens ?

– Le cokotcha est déjà une nourriture privilégiée des Ivoiriens. Quand vous prenez les données culinaires de la côte d’Ivoire, le foutou banane fait partie des nourritures que les Ivoiriens aiment. 

• Vous ne cessez de dire que vous avez pour ambition de contribuer au bien-être des populations de Bingerville ?

– Oui, tout à fait, je suis un enfant de Bingerville. J’ai toujours eu pour ambition de favoriser l’évolution de la cité de Bingerville. J’irai jusqu’au bout. 

• Votre nom ne passe pas inaperçu dans la cité de Bingerville. On dit que vous êtes l’enfant prodige de Bingerville ?

– Il n’y a pas mal d’actions de portées sociales et culturelles que je pose en faveur des populations à Bingerville. C’est ce qui explique cela. Nous avons des actions envers les élèves, la petite enfance, les femmes. Ainsi que toutes les communautés vivant à Bingerville. Nous avons aussi un rassemblement annuel intercommunautaire qui est le partage du mouton de l’Aid el Kébir. Sans oublier la fête des mères, l’arbre de Noël organisé en Noël pour les tout-petits. 

• Il y a une place célèbre qui porte le nom Ahin à Bingerville ?

– Vous entendez par moments  certaines personnes en donnant des indications, dire “Je suis à la place Ahin jean”. Non ce n’est pas la place Ahin Jean, c’est plutôt la place Ahin Etienne du nom du premier maire de Bingerville, un parent à moi. Le maquis que j’ai bâti à cette célèbre place porte ainsi donc le nom Ahin en hommage à ce dernier. 

• Bingerville l’ancienne capitale est votre fief, que représente cette ville pour vous ?

– C’est ma terre natale, Je suis né à Bingerville, j’y ai grandi et je mourrai à Bingerville. c’est ma terre et tout ce que je peux faire pour le bien-être, la cohésion des peuples vivant à Bingerville je le ferai. 

• Vous êtes très impliqué auprès de la population, qu’est-ce qui vous fait courir ?

– Ce qui me fait courir, c’est tout simplement l’amour de ma ville natale. Il faut que ma ville natale vive, c’est la premiere capitale de la Côte d’Ivoire. 

• On parle d’émergence, comment voyez-vous Bingerville de demain ?

 

– Bingerville de demain, c’est déjà un éveil de conscience des Bingervillois. C’est regarder ce que Bingerville a comme potentialités et les exploiter pour que tous ceux qui doivent vivre en vive. Que chacun puisse avoir un toit, un métier pour se nourrir, et vivre heureux. Nous allons les rencontrer pour savoir si les actions que nous menons leur plaisent. Pour voir dans quelle mesure ensemble nous pourrons répondre à leurs attentes. 

• Ces populations qui vous estiment, comptent beaucoup sur vous, ça vous met une pression ?

 

– Non, je n’ai pas de pression particulière. J’ai souvent rencontré certains dans les communautés, je leur ai toujours tenu un discours de franchise : «n’attendez pas de moi des miracles». Je ne suis pas celui qui viendra les faire miroiter des choses du genre, «je vais distribuer des millions dans chaque quartier». Si elles sont d’accord qu’on s’asseye pour voir les choses ensemble, je pense qu’on fera de belles choses. 

• Après le festival cokotcha c’est quoi la suite ?

– La prochaine grande activité c’est le 11 mai, cela fera 36 ans qu’est mort Bob Marley à l’âge de 36 ans. Je compte offrir une grosse fête d’hommage à l’homme aux populations de Bingerville. Après, nous allons célébrer les mamans à l’occasion de la fête des mères, où nous allons réunir toutes les femmes de Bingerville pour faire la fête. 

• Vous qui faites la promotion du Cokotcha, ce mets du peuple Atchan, êtes-vous un cordon bleu ?

– (Il sourit) Seulement les jours impairs, si non, les jours pairs, ça ne marche pas toujours. 

• Il vous arrive vous-même de confectionner des plats de Cokotcha ?

– Non, pour le respect que je dois aux dames, je ne peux pas confectionner le Cokotcha. ça demande tout un art que je n’ai pas. 

• Vous êtes paraît-il un grand mélomane ?

– Oui bien sûr, j’adore la musique. 

• Quels sont vos genres musicaux préférés ?

 

– J’aime beaucoup le jazz, le blues. Mais en général je suis fan de tout ce qui est bon. 

• Quels sont vos loisirs ?

– La musique, la lecture, Internet et écouter le bruit de la mer.

 

 Par Inzah D.

 

 Enzo07058354@yahoo.fr

Laissez un commentaire