Avocat et juriste international, Alfred Zébi est aussi un homme bien introduit et connu dans le monde du sport, de la musique et du cinéma. Après avoir géré la Fondation Didier Drogba, il vient d’installer sa structure ‘’Sol-Prodd Consulting’’ à Cocody-Angré 7ème Tranche. Cet amoureux de la culture veut donner la chance aux artistes ivoiriens de mieux vivre de leur art.

 

. Vous êtes un homme discret dans le show-biz

– On m’a reproché d’être discret parce que je suis timide de nature. D’autre part, je communique très peu sur mes actions dans le milieu culturel. Mais je ferai plus d’efforts pour que les gens soient mieux informés de ce que nous faisons avec les sportifs, les acteurs, les chanteurs, les plasticiens…

. Pourquoi avez-vous quitté la Fondation de Didier Drogba, que vous avez géré pendant quelques années ?

– J’ai géré la Fondation de Didier Drogba pendant 5 ans en tant que coordinateur. J’ai arrêté ma collaboration en juin 2019 à cause de mes activités personnelles qui prennent désormais énormément de mon temps. Il faut dire que j’étais bénévole à la Fondation. Certes, je ne suis plus coordonnateur de la fondation, mais je suis toujours avec Didier et son équipe pour les accompagner dans leurs différentes activités et pour le bon fonctionnement de la fondation.

. Comment est née ta collaboration avec Didier Drogba ?

– Je suis un footballeur raté (Rire). Disons que je suis un footballeur qui n’a pas pu assumer sa vocation à la base. J’ai grandi en France. A cette époque j’étais demandé par les meilleurs clubs tels que Bordeaux ou Monaco. Je devrais intégrer l’équipe nationale de la France. Les dirigeants de la sélection française sont même venus rencontrer mes parents à Abidjan. Mon père a refusé avec comme argument que je ne suis pas allé en France pour jouer au football, mais pour faire des études. J’étais obligé de continuer mes études. J’ai choisi le droit et cela a fait de moi un avocat et un juriste. J’ai travaillé dans le cabinet HSD Ernst & Young qui a une grande renommée en France avec plus 400 avocats. Dans ce cabinet, j’avais en charge des dossiers concernant l’Afrique, notamment des dossiers de privatisation. Mais j’ai commencé à développer une activité dans le sport. On a travaillé avec Constant Némalé à l’époque, le fondateur d’Africa 24. On avait la déjà la NBA comme client du coté Advisory et notre cabinet était également impliqué aussi dans la coupe du monde en France 1998.

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– C’était une façon pour moi de rattraper ce destin raté. Ça m’a permis d’être auprès des sportifs. Plus tard, j’ai continué à tourner régulièrement dans le milieu sportif. J’ai conseillé, sur le plan juridique, des footballeurs comme Gervinho, Gilles Yapi… Ma profession de juriste m’a permis de beaucoup voyager. J’ai passé quelques années à la BAD en Tunisie où j’ai rencontré pas mal de jeunes footballeurs qui étaient perdus et à qui j’ai trouvé des structures d’accueil afin qu’ils poursuivent leur carrière. Ce qui a facilité ma collaboration avec Didier Drogba, c’est que nous avions des amis communs. Et c’est vraiment grâce à son agent, Thierno Seydi que cela s’est fait. C’est par la suite qu’on a décidé de travailler ensemble.

. Qu’est-ce que tu retiens de cette collaboration ?

– Je retiens une très belle collaboration sauf qu’il n’était pas assez disponible. A cette époque, Didier était en Turquie, ensuite, il était au Canada, puis aux Etats-Unis. Maintenant, il est plus présent en Côte d’Ivoire. La fondation peut s’appuyer beaucoup plus sur lui. Récemment, à Abidjan, il a accordé une interview au CEO forum de HEC de Paris. Et il voyage beaucoup pour parler de son engagement dans le business du sport et des actions caritatives qu’il mène avec la fondation. Vous savez qu’il est aussi candidat à la Fédération Ivoirienne de Football (FIF).

. Que pensez-vous de sa candidature à la présidence de la FIF ?

Le groupe d’amis qui l’entourent parlait de sa candidature, mais je ne suis pas intervenu. Je pense qu’il sait ce qu’il fait et où il veut aller. Je sais qu’il ira au bout de son ambition. Et ça marchera.

. Après la fondation de Didier Drogba, est ce vous avez arrêté aussi vos collaborations avec les autres footballeurs ?

– D’abord, je suis toujours là, à la Fondation sur certains dossiers. Sinon, oui, je continue de travailler avec des joueurs ou anciens joueurs comme Cyrille Domoraud, Samuel Eto’o et d’autres… Cependant, il n’y a pas que les footballeurs, je travaille aussi avec des artistes chanteurs et acteurs. Je suis attiré par tout ce qui est show-biz et art. Nous travaillons avec des célébrités et leur trouvons des « deals » publicitaires notamment. Je pense notamment à Serge Beynaud avec qui c’est un plaisir de travailler.

. Vous avez aussi des projets avec le réalisateur Alain Guikou ?

– Alain Guikou est le metteur en scène et le réalisateur de la série à succès ‘’Brouteur.com’’. Il m’a sollicité pour l’accompagner sur un projet vraiment magnifique. C’est une série musicale intitulée ‘’Mélody, la victoire en chansons’’. Je suis co-producteur avec lui. Jean Luc Tahou est le directeur de production. Et, cela qui m’a véritablement donné l’envie de me lancer dans l’audiovisuel. C’est ainsi que j’ai monté la structure ‘’Sol Prodd Consulting’’ avec Jean Luc Tahou. Je suis à fond dans l’accompagnement des arts en commençant par l’audio-visuel, mais aussi la musique, les arts plastiques, les festivals, la littérature et la mode.

. Qu’allez-vous apporter de nouveau avec votre structure Sol Prodd ?

– Le constat que j’ai fait avec Jean-Luc Tahou est le suivant : On peut avoir le talent, être un bon réalisateur, mais on n’a pas toujours la force et la capacité de gérer l’entièreté d’un projet audiovisuel. Il faut recruter, gérer les gens, les finances, les partenaires qui sont autour de ce projet comme on le fait avec une entreprise. Comme on le voit dans le générique des films américains, c’est une véritable et vaste équipe qui travaille sur un film. Ce que nous allons apporter dans ce domaine en Côte d’Ivoire, c’est l’expertise technique, légale et financière pour accompagner les projets. Au-delà, nous allons leur chercher des partenaires et des financements. Quant à ma collaboration avec Alain Guikou, en plus du volet juridique, je l’ai aidé à trouver des célébrités qui sont venus tourner dans la série. Je peux citer Jacob Desvarieux qui fait partie des 12 stars du tournage. Il y a un réel besoin d’accompagner les productions, par la structuration légale, administrative et financière. C’est ce qu’on apporte avec la structure ‘’Sol Prodd’’ dans l’audio-visuel. Pour la littérature, on travaille avec des maisons d’édition comme L’Harmattan, qui va donner l’opportunité à certains écrivains d’être publiés en France.

. Vous avez des propositions ?

– Les pays comme le Maroc, L’île Maurice sont devenus des lieux de vacances pour les stars. Pas parce que, tout simplement, ils se sont appuyés sur cette stratégie marketing avec les stars pour impacter le monde et attirer les touristes. Un acteur comme Will Smith qui veut venir en Côte d’Ivoire, imaginez l’impact de son arrivée dans le pays. Sachez que le coût de son déplacement n’est pas aussi élevé comme on peut le penser. Didier Drogba est un ambassadeur. Et il y a des pays où on ne connait pas le nom Côte d’Ivoire, mais on connait Drogba. C’est la preuve que le sport et les arts sont des vecteurs de notoriété d’un pays. Il est important que les autorités du tourisme se saisissent de l’art et des artistes pour développer le tourisme de la Côte d’Ivoire. (Interview réalisée avant l’initiative du ministère du tourisme avec Didier Drogba et Asalfo, ndlr).

Il y a beaucoup de capitaux qui peuvent être générés avec ces stars. Avec ‘’Sol-Prodd’’, nous allons tout faire pour que nos films et séries soient vues à l’extérieur. Que nos artistes, acteurs, plasticiens vivent de leur art.

Réalisée par Charly Légende

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