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Amity Méria parle des gens d’ici pour son grand retour 

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« Yankaw est une peinture d’une société où des humains ont définitivement décrété qu’une personne n’a de valeur que lorsqu’elle est matériellement et financièrement riche. C’est aussi une complainte d’impuissance (malheureusement) face à cette situation que nous vivons ». C’est le résumé de la chanson ‘’Yankaw’’, titre éponyme du 8e album d’Amity Méria, sorti le 15 septembre au Burkina Faso.

Dans cet élan, la Kundé d’Or 2004 évoque aussi ses inquiétudes dans ‘’Miri’’. « J’attire l’attention sur notre monde affaibli, amaigri, malade. C’est une chanson imagée et chargée de symboles pour décrire combien le monde se porte mal et continuera de se porter de plus en plus mal tant que l’humain ne changera pas son comportement et ses dérives. Si l’humain ne change pas, le monde ne guérira plus jamais », alerte l’artiste.

Outre les regrets de la chanteuse devant les dérives de notre monde de plus en plus basé sur le matériel, l’opus dont les critiquent saluent la maturité, aborde d’autres thèmes plus gais et louables comme Dieu (Barika), le travail (Bara), l’amour (Viens dans mes bras), la famille (Binbinbin et N’Dogo)… La nouvelle œuvre d’Amiy Méria comprend 10 titres chantés en dioula, bambara, dafing et français. Les arrangements ont été assurés par Sam Etienne Zongo et Seydou Koïta.

Après un long silence discographique, cette publication vient ponctuer les 30 ans de carrière de la chanteuse, déjà distinguée Chevalier dans l’ordre du mérite burkinabè et Ambassadrice de la paix. Et la diva mandingue n’est pas prête de s’arrêter. « Je vois ma carrière comme un parcours du combattant qui ne va jamais s’arrêter tant que je serai toujours sur scène », soutient-elle. C’est dire qu’elle entame ses trois décennies musicales avec enthousiasme et détermination. « Si je me réfère au fait que la vie est faite de haut et de bas, je comprends aisément que la musique n’échappe pas à cette vision des choses, donc je n’ai aucune raison de me plaindre. Au contraire, je rends grâce à Dieu pour ces 30 années et je lui dis merci », reconnaît l’une des meilleures voix du Faso.

A la question de savoir s’il y a des choses qu’elle aurait aimé faire et qu’elle n’a pas réussi à faire, la native de Gaoua (commune urbaine de la province du Poni, dans la région du Sud-Ouest au Burkina Faso) est évasive et un brin philosophe. « Dans la vie, on ne doit pas tout faire. Même si on le peut, l’essentiel est d’essayer de rester fidèle à ses valeurs et à ses principes. Ce sont des choses qui, pour moi, ne se négocient pas », dit l’ancienne élève du Lycée Ouezzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso.

Son parcours artistique est riche de 8 albums et de nombreuses récompenses. Nominée en 2000 et 2008 aux Koras Music Awards, Amity Méria a été désignée Kundé D’Or (2004), le trophée de musique le plus convoité au Burkina Faso.

Omar A. Kader 

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