Bablinga, le troisième film du Franco-Burkinabé, Fabien Dao, met en vedette le longiligne acteur ivoirien Cissé Maims, dans le rôle de Moctar. Dans ce film, qui raconte d’une manière brillante et intéressante, la question déchirante du retour au pays, Maims tient parfaitement son rôle.

Ce récit enrichissant, qui affronte avec malice et intelligence le déracinement des migrants qui partent avec l’espoir d’une vie meilleure, lui colle parfaitement à la peau. « Je suis venu en France il y a maintenant 11 ans. À l’époque, j’avais une envie de tenter l’aventure, découvrir un autre monde et pouvoir retourner un jour dans mon pays avec fierté », confie-t-il.

En quittant son Abidjan natal pour la France, Maims s’attendait surtout à vivre toutes sortes d’aventures, mais pas à une rencontre avec le monde du cinéma. « J’ai rencontré Fabien Dao par hasard, dans un restaurant ivoirien à Paris », révèle-t-il. Il cherchait des figurants pour son film… Nous avons sympathisé et j’ai accepté de l’aider à trouver des figurants. Sauf que deux semaines après, il est revenu me voir avec une camera. En me disant qu’après réflexion, j’étais la personne idéale pour le rôle principal de son film. Je me suis donné un délai de réflexion d’un mois. Mais entretemps, il n’arrêtait pas de m’inviter à discuter. Finalement, j’ai accepté et la magie du cinéma a fait le reste », dit-il avec son inébranlable sourire d’enfant.

Pendant très longtemps, Maims avait la peur de l’écran et des projecteurs. Mais après avoir lu le scénario, il s’est très vite retrouvé dans l’histoire du film. Car, comme son personnage, il est également hanté par son retour au pays.

Bablinga est un moyen efficace de transmettre le désir, la nostalgie et l’inadaptation au déracinement. Il offre une vision différente de la migration et du sacrifice qu’implique le fait de quitter le lieu d’où l’on vient. Tout cela à la poursuite du rêve doré de l’Europe, un faux mirage qui s’effondre au fil du temps.

Ce rôle de Moctar, admirablement bien campé dans un magnifique décor et une esthétique iconographique et musicale très réussies, a valu au film 5 grands prix cinématographiques à travers le monde. Un succès retentissant qui donne à Cissé Maims le droit de rêver plus grand. « Après avoir goûté au 7ieme art, je ne compte plus m’arrêter. Car désormais, le cinéma et moi, nous ne faisons plus qu’un », conclut-il.

Dramane K. Denkêss

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