Il était 4h02 mn ce 1er avril à La Place du Carnaval de Bouaké quand Ariel Sheney, l’une des têtes d’affiche du couper-décaler quitte la scène devant un immense public. Il venait de terminer son tour chant et concluait par la même occasion, et de la plus belle manière, la première édition du Festival Bouaké Ouflê qui avait ouvert ses portes le 29 mars 2019. Profitant de sa popularité, l’ancien arrangeur d’Arafat DJ fait invite le public à monter sur scène et à imiter ses pas de danse. Les plus méritants de ceux qui osent, repartent chacun avec 10.000 FCFA offerts par le chanteur. Cela amusait et donnait plus du piment à la fin du spectacle. Les Bouakois aiment la compétition et avoir 10.000F en dansant quelques secondes, le jeu en valait la chandelle par ses temps qui

courent. Comme lui, tous les artistes ont usé de petits détails pour conquérir le public. Abou Nidal de Genève a fini sa prestation en prenant un bain de foule et en ‘’travaillant’’ (c’est-à-dire en distribuant des billets de banque). Le Guinéen Sékouba Bambino a fait des spectateurs (surtout les spectatrices) les choristes d’un soir sur son riche répertoire. Nguess Bonsens, Yabongo Lova et Aboutou Roots ont déployé également de bons ingrédients scéniques pour séduire les festivaliers.

A la différence des deux premiers jours du festival où la pluie a joué les trouble-fêtes, le temps a été clément à cette soirée de clôture de Bouaké Ouflê 2019. Tous les chanteurs invités ont tenu leur rang et les spectateurs les ont accompagnés avec des acclamations nourries appuyées par des ‘’bissez !, bissez !, bissez !’’. Et tout cela dans la discipline.

Dans les espaces maquis et restaurants alentours, on a aussi fait la fête. La bière a coulé à flot et les papilles n’ont pas chômé. Entre braisés de poisson ou de viande, saucisses et autres mets, chacun se mettait bien dès qu’il avait un petit creux. De leurs places, les consommateurs suivaient le show grâce aux écrans géants qui diffusaient le concert. Dans la salle gaming climatisée, c’était une toute autre ambiance. Les jeunes s’en donnaient à cœur joie avec leurs manettes en refaisant les grands matches de football européen et des hyper courses automobiles.

Avec une telle conclusion réussie, le Festival Bouaké Ouflê a tenu toutes ses promesses. Il a permis aux habitants de la capitale du Gbêkê de vivre une ambiance carnavalesque en prônant le vivre-ensemble dans le respect des uns et des autres. Bouaké retrouve doucement son statut d’antan de ville accueillante et de brassage culturel. Désormais, les initiateurs Sié Kambou et Chico Lacoste d’Xclusiv Media View pensent à institutionnaliser l’événement. Avec le soutien des filles et fils de Bouaké et surtout des autorités politiques et coutumières, ils ont désormais carte blanche pour aller au bout de leurs idées.

O. A. Kader

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