Le grand public connaît la voix de Prométhée du groupe Révolution. Il va désormais apprendre à s’habituer à celle de sa mère Dame Koué qui vient de publier son troisième album (‘’Révélation’’) samedi dernier.

Gros plan sur cette dame à la voix puissante. 

Autant le dire tout de suite, il n’y avait aucune chance que cette dame échappe à la musique. Tout la destinait à la chanson depuis longtemps. Née à Blapleu, non loin de Dropleu, une zone réputée pour ses danses célèbres et ses chanteuses (de Kohun Tan) dans la région de Danané, son enfance était baignée par les merveilleuses voix de ses tantes paternelles. Même aujourd’hui encore, plusieurs années après, la voix de sa tante Siaou chante toujours dans sa tête. Tout comme celle de Kouidé ou encore la voix onctueuse de Munlé, chantre dans la chorale yacouba de l’église catholique de Danané.

Dans un environnement du village où même le vent chante mêlé aux chants des oiseaux et aux pavoisements des feuillages, Léontine a connu une enfance joyeuse. Ici, il y avait toujours matière à réjouissance. Avec, en plus, les manifestations récréatives des élèves et étudiants du canton Oua réunis au sein de l’AMEECO. Celles-ci donnaient à la jeune Léontine l’occasion de démontrer ses talents de chanteuse exercés dans la chorale des jeunes de l’église.

Avec le temps, elle devenait une belle et charmante jeune femme adulée déjà par les foules. Et, plus particulièrement, par les hommes. Le mariage lui tendait les bras. Sa carrière aussi. Lorsqu’elle arrête les études et qu’elle doit se marier, ses frères s’empressent de dire à Mathurin Koué, son mari : «Si tu veux la garder comme épouse, ne la laisse pas chanter.» Un conseil que l’homme prend très au sérieux.

Fille de bonne famille et désireuse de fonder un foyer solide, Léontine arrête tout. On ne la voit plus chanter dans les manifs des villages. Cela dure un temps. Mais un jour, au cours d’une fête dans le village de son mari, une danse se présente devant son mari et elle. Une des danseuses vient lui ‘’lancer un défi’’ en lui tendant un chasse-mouche (queue de cheval). Il n’en fallait pas plus pour réveiller l’artiste qui sommeillait en elle. Aussitôt, la voilà tourbillonnant au milieu de la scène. Un signe épatant que cette femme ne pouvait échapper à son destin. Finalement, ce qui devait arriver arriva un jour de l’année 2010.

Léontine entre en studio grâce au colonel Mangly. Elle enregistre son premier album et décide de se faire appeler désormais Dame Koué. Une manière de rassurer Mathurin (son mari) en lui disant, par ce nom de scène, que même en devenant chanteuse, elle demeure la dame de monsieur Koué. Un hommage bien mérité pour cet homme qui a accepté qu’elle fasse de la musique et ne ménage aucun effort pour la soutenir.

Samedi dernier encore, il était là, à la dédicace du troisième album de son épouse. A un moment où la voix de leur fils, Prométhée (du groupe Révolution) chante partout ce refrain devenu célèbre : «Je bois plus oooh éééh ! Je suis soulé…» Même si pour son enfant aussi M. Koué avait opposé son refus au départ, on peut dire aujourd’hui qu’il est un homme heureux. Une femme et un fils qui s’affirment de belle manière et avec beaucoup de bonheur dans la musique.

C’est d’ailleurs le fils qui est le producteur du nouveau disque de sa mère. Un album qui a bénéficié des arrangements de Kacou Honoré. Une œuvre de belle facture qui marque un tournant dans la carrière de cette chanteuse tradi-moderne. 

Les femmes s’unissent derrière la Dame

 

Samedi dernier, à la dédicace de son nouvel album, à l’allocodrome de Niangon, Dame Koué a reçu des soutiens de toutes parts. Parmi les nombreux soutiens, on pouvait noter ceux de l’Associations des femmes unies de Danané conduite par sa présidente Mme Louise Bah. La chanteuse et son époux ont été honorés au cours de cette nuit de musique.

Par M. Jésus

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