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Didier Drogba a-t-il raison de faire ça ?

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Le football ivoirien a besoin de changement, d’une profonde réorganisation pour un nouveau départ. En dévoilant son ambitieux projet de gouvernance de la FIF ce lundi, Didier Drogba a montré qu’il possède les moyens pour réussir cette restructuration. Mais pour cela, il lui faut obtenir les suffrages des dirigeants et acteurs du football.

Pour le légendaire numéro 11, l’objectif affiché, c’est lancer le football de Côte d’Ivoire dans « une nouvelle ère ». Mais, depuis qu’il a manifesté son intention de diriger la FIF, il a eu le temps de mesurer l’ampleur de la bataille à mener. Géant au pied d’argile, le foot ivoirien s’est contenté, ces dernières décennies, de sauver les apparences. Et le succès des Eléphants à la CAN 2015 n’a pas suffi à cacher le profond déséquilibre entre la valeur des joueurs qui composent la sélection et les balbutiements et l’amateurisme organisationnels et structurels du football local.

Dans un pays où seul l’Asec, avec son projet infrastructurel encore inachevé peut se targuer d’être sur le chemin de devenir le premier club professionnel, pendant que les toutes les autres équipes tirent le diable par la queue (du moins ce qui reste de la queue), les travaux à réaliser sont immenses.
Car pendant longtemps, la FIF a été un endroit pour mener ‘‘la belle vie’’, pour peu qu’on sache entretenir l’attelage ‘‘Eléphants de Côte d’Ivoire’’ et produire quelques bons résultats. Après, on enregistre des sponsors et les subventions de l’Etat. Pendant ce temps, les questions d’équipement et d’infrastructures sportives peuvent attendre. Quant à l’organisation, la gestion administrative et financière des équipes, il continuent de mariner (toujours) dans l’informel et ce que certains appellent la ‘‘marmaille’’.

(Crédit photos : Le Grouilleur 3.0)

Par exemple, en 2022, combien d’équipes ivoiriennes en tant que structures sportives peuvent présenter un compte d’exploitation ? Et comment peut-il en être autrement si tout se fait au noir, tous les paiements se font main à main. Pas de fiches de paie. Les salaires des joueurs, la répartition des recettes des matches, etc. Aucune trace de l’importante masse financière qu’engendrent les spectacles sportifs. Pas de tableau de compte annuel pour retracer tout cela. Et donc impossible pour une association sportive de s’adresser à une banque. Sur quelle base ? Tout se passe dans la poche du président. Vous comprenez pourquoi certains d’entre eux s’emploient (comme comptable) à remettre personnellement les enveloppes des salaires aux joueurs.

C’est pourquoi, le candidat Drogba, pour avoir identifié les différents problèmes, et fort de son plan de restructuration et des moyens pour y parvenir, s’est montré confiant lundi à l’Ivoire. Il a notamment déclaré qu’après le 23 avril (s’il est élu), « une nouvelle ère commencera pour le football ivoirien. » Mais, face à cette candidature qui, au départ, avait gêné et dérangé le vieil ordre depuis longtemps établi, que vont faire les dirigeants et autres acteurs du foot ? S’affranchir, ouvrir les yeux et voir les choses de façon objective et professionnelle ? Ou les voir de manière clanique, dans la copinerie ? Là sont les grandes interrogations.

R. Jordan

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