Depuis 14 ans jour pour jour, le 12 octobre 2006, Douka Saga, le président et créateur du couper-décaler s’est couché. Il avait 32 ans.

On l’avait surnommé « Président ». Et lui-même proclamait qu’il était le « le président très très fort ». Il aura eu une influence certaine sur la culture musicale africaine. Notamment, à travers le couper-décaler dont il était l’une des figures emblématiques. Une musique qui est née avec le concept du « travaillement », consistant à jeter les billets de banque en boîte de nuit.

Ce mouvement avait commencé depuis l’Europe, avec son groupe la Jet Set. Des jeunes flambeurs au style de vie ostentatoire, parmi lesquels se recrutaient des noms comme Molare, Lino Versace, Serge Dephallet, Lionel Patassé, Andy Cacharel, Chacoole, Boro Sangui, Solo Béton, Kuyo Junior…

Titulaire d’un diplôme en informatique, le remuant Douk Saga était un « boucantier » assumé. Vêtements de luxe, bijoux de marque, cigare, champagne, distribution de billets de banque lors des soirées en boîte de nuit étaient la norme chez lui comme dans le mouvement. Et l’homme, dans ses œuvres, y allait parfois avec un sceau de billets.

La vie, avec Douk, pétait comme du champagne, celui qui arrosait chacune de ses soirées de luxe et de luxure. Avec son riche écrin que les filles affectionnaient.

Passionné également de musique, Douk Saga s’y est essayé. On lui doit un album studio (Héros national bouche-bée, en 2005), et plusieurs featurings : Douk Saga en fête (2005), Proclamation (2005), Ballon d’or (2006), etc. Aujourd’hui, Douk Saga le roi de la sagacité n’est plus. Mais sa musique lui a survécu et continue de faire des adeptes un peu partout.

Né le 22 mai 1974 à Yamoussoukro, Douk Saga, de son vrai nom Stéphane Hamidou Doukouré est décédé à Ouagadougou, suite à une pathologie pulmonaire, selon le diagnostic des médecins. Mais peu de temps après son inhumation, Le Molare avait affirmé sur les antennes d’une radio à Abidjan qu’il était mort du Sida.

François Yéo

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