Il est un des meilleurs ciseaux de la mode africaine. Dans cette causerie-bilan, Eloi Sessou parle de ses acquis de l’année écoulée, notamment. Il évoque également ses ambitions pour 2019.

De nombreux stylistes s’orientent vers le prêt-à-porter qui a été le grand thème d’Afrik Fashion 2018. Qu’en penses-tu ?

– De toutes les façons, chaque créateur a sa vision de l’évolution de sa maison. Je peux dire aujourd’hui que je fais ceci ou cela et puis changer demain. J’ai la vision de base de notre maison de couture. Et puis, au fur et à mesure que les choses évolueront, je vous dirai.

Quelle cette vision de base de ta maison de couture ?

– On a toute une programmation, toute une ligne directrice qu’on veut suivre. C’est comme quand on crée son entreprise, on a des objectifs à atteindre. On a des projets. Si dans les nôtres, on a envie de faire du prêt-à-porter pour vulgariser quelques pièces où améliorer la qualité de la distribution de notre marque, c’est normal qu’on le fasse. Le moment venu, on vous tiendra informé.

Aujourd’hui également, tout le monde est en train d’aller vers la vente en ligne. Qu’en est-il chez Eloi Sessou ?

– Le système de la vente en ligne n’est pas encore développé en Afrique comme ça l’est en occident. Comme je le disais plus haut, tout dépend de la vision de chaque maison de couture et de la cible qu’elle veut atteindre. C’est clair que quand on commence à entrer dans le prêt-à-porter, on en fait une gamme pour le grand public. Et la vente en ligne peut intervenir pour nous épauler. On verra bien pour l’avenir. Mais pour l’instant, Eloi Sessou n’est pas distribué en ligne.

Il y a de moins en moins de ligne masculine dans tes créations ?

– Je suis un créateur et je me laisse souvent guider par mon inspiration. Si elle me dirige vers la femme, je fais plus de femmes. Ce qui a été le cas ces dernières années. D’ailleurs, à Clermont-Ferrand, on a travaillé sur l’homme. A Ouaga, il y avait de la mixité : il y avait l’homme et la femme avec le pagne tissé Dan. Mais c’est vrai qu’on a été dirigé par la créativité féminine ces quatre dernières années. On a toujours l’homme en réserve.

N’envisages-tu pas mettre une ligne jeunesse dans tes collections ?

– Tout cela relève de nos projets. Il y a l’essence de la maison Eloi Sessou qu’il faut bien sceller. On a plein d’idées dans la tête. Le moment venu, on les dévoilera.

Quel bilan fais-tu de ton année 2018 ?

– Le bilan a été positif. De janvier à décembre 2018, j’ai participé à de nombreux évènements. Bien entendu, c’était plus à l’extérieur. La pièce maitresse du travail qu’on a eu à faire, c’est le pagne traditionnel, notamment le pagne tissé de l’ouest. Il a été fort bien apprécié dans toutes nos présentations.

Est-ce que l’utilisation du pagne tissé local est quelque chose de nouveau dans ton travail ?

– Oui, je dirai. C’était une belle matière qu’on utilisait de temps en temps pour la clientèle qui le demandait. Mais travailler spécialement avec le pagne tissé pour une collection a été nouveau pour notre maison. Ce qui est encourageant, c’est qu’au finish, le résultat a été très intéressant.

Quels sont les évènements qui ont marqué ton année 2018 ?

– Comme j’aime à le dire, toutes les expériences auxquelles j’ai eu à participer sont aussi particulières les unes que les autres. Je ne pourrais pas les citer par ordre d’importance. En Europe, je suis allé à Lyon pour présenter une collection sur le wax puis à Clermont-Ferrand au festival du textile extraordinaire où, notamment, j’ai présenté le pagne tissé de l’ouest. En dehors de ces évènements, il y a eu Mod’Afrique de Korotimi Dao à Ouaga, au Burkina. Je citerais également le lancement de Miss Côte d’Ivoire qui a été super et très bien médiatisé.

Qu’en est-il de ta collaboration avec la RTI1 ?

– Bah, ça va ! La collaboration est au beau fixe. Je travaille en backstage en tant que styliste sur l’émission C’MIDI.

Quelles sont tes résolutions pour 2019 ?

– C’est de bosser encore plus sur les matières africaines notamment ivoiriennes pour mettre en avant notre culture mais en restant tout de même à la limite de la consommation vestimentaire internationale. Sinon, on est cantonné dans notre cocon africain et finalement, on ne se vend pas. Il faut aussi travailler et toujours travailler pour que les consommateurs et la presse qui sont les premiers juges de nos produits finis, soient continuellement satisfaits de notre production et de la confiance qu’ils nous ont témoignée depuis ces années.

 

Réalisée par Omar A. Kader

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