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Fally : Fallait qu’il joue, pour que les choses évoluent

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Des groupes d’opposants congolais, des radicaux, ont tenté de faire annuler le concert de Fally Ipupa, le vendredi 28 février à l’AccorHotels Arena de Paris. Mais la star congolaise, qui tenait à faire ce spectacle, est allé jusqu’au bout et a réussi son pari.

C’était un concert à hauts risques. Un concert d’un enjeu important pour la musique congolaise à Paris, et par ricochet, en Europe. Ou ce spectacle a lieu et cela fait évoluer les choses, ou il est annulé, et les combattants en sortent plus forts et plus redoutables désormais. En réussissant à faire ce concert, Fally Ipupa et les producteurs de ce show ont gagné un combat qui va sans doute contribuer à faire bouger les lignes.

Depuis plus de dix ans, les spectacles des artistes et groupes congolais sont boycottés, sabotés par des manifestants radicaux de la diaspora congolaise (les ‘’Combattants’’) en France, et plus généralement en Europe. Au seul motif qu’ils sont des soutiens artistiques du régime au pouvoir en RDC. Du coup, le concert de Fally ce 28 février se présentait comme un test grand format qui déterminerait la suite des événements musicaux des artistes congolais en France. Dans ce bras de fer, il avait le soutien de ses compatriotes musiciens. Notamment, Koffi Olomide, Werrason, Félix Wazekwa, Ferre Gola, Héritier Watanabe, Deplick Pomba, Gaz Mawete et bien d’autres.

Mais, le mercredi 26 février, devant les nombreuses menaces des ‘’Combattants’’, qui se sont intensifiées sur les réseaux sociaux à quelques jours du spectacles, et les risques de débordements que cela annonçait, la préfecture de police de Paris a publié un arrêté interdisant des attroupements aux alentours de l’Accor Hôtels Arena où Fally Ipupa devait livrer son concert. « Les rassemblements revendicatifs annoncés, déclarés ou projetés pour le vendredi 28 février 2020 en lien avec le concert donné par l’artiste congolais Fally Ipupa à l’Accor Hôtels Arena sont interdits dans le périmètre délimité par les voies suivantes : Rue Villot, Rue de Bercy, Place du Bataillon du Pacifique, etc », disait l’arrêté. Mais les ‘’Combattants’’ n’en avaient rien à faire. Ils étaient déterminés à créer le ‘’mobulu’’ (le désordre). Revigorés par le soutien des autres ‘’Combattants’’ arrivés de Londres, Bruxelles, Vienne et d’autres villes européennes, tous venus en renfort, ils n’avaient qu’une idée : annuler ou faire annuler le concert. C’est pourquoi ils ont commencé les manifestations quelques heures avant le spectacle, car le préfet de police pouvait prendre la décision d’annuler le concert en cas de violences provoquant des troubles à l’ordre public autour de l’ex-Bercy.

Pourtant, Fally, comme Koffi Olomidé il y a quelques mois à Paris, avait pris le soin de rencontrer les ‘’Combattants’’. Du moins, la branche modérée. Ils se sont parlés et ont même signé une charte de bonne conduite. Mais les radicaux conduits par un certain Boketshu Premier, un ancien musicien, sont restés sur leur position. Et ce sont ces derniers qui ont incendié des poubelles et des scooters près de la Gare de Lyon. Plusieurs d’entre eux ont été arrêtés par la police. Ils encourent des peines de prison et de lourdes amandes.

Quant à Fally Ipupa, il a réussi son pari. Et le public s’est déplacé massivement, malgré les menaces de débordement, pour assister à ce spectacle qui a été une belle réussite. Et Dadju avait raison d’affirmer sur scène: « Aujourd’hui est un jour historique, c’est une grande victoire pour le Congo ! »

C. Simba

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