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Freeman Tapily, artiste reggae Burkinabè

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Freeman Tapily fait partie de la nouvelle vague d’artistes reggae au Burkina-Faso. Il était récemment en Côte d’Ivoire pour prendre part au festival Les 24 Heures du reggae d’Abidjan à Jacqueville. L’artiste est né et grandi ici. Avant de retourner au pays des hommes intègres pour poursuivre ses études et continuer la musique.

 Ses textes sont ravageurs, incisifs, durs et violents à la limite. On dira même que sa musique est engagée. C’est au festival “Les 24 heures du reggae d’Abidjan”

organisé les 24 et 25 décembre 2016 à Jacqueville que Freeman Tapily fait sensation avec ses différentes chansons. Mais il ne veut pas qu’on le traite d’artiste engagé. ‘’Je préfère être un artiste libre. Parce que je dénonce des petites choses que j’observe’’, avance-t-il. Avant de poursuivre : ‘’Les gens n’ont pas la même compréhension du mot engagé. Il y a le oui et le non. Pour celui qui dit : ‘’oui’’, il est engagé. Il dit : ‘’non’’, il est aussi engagé. Quand tu es assis avec quelqu’un qui pense oui et toi tu penses non, il pense que tu es malade ou tu es acheté. Quand je dis tel type n’est pas bon pour être député. Pour ses partisans, je suis avec l’autre personne. Parce que le jour où mon ami politicien va dire quelque chose qui est mauvais. Je vais le dénoncer. Le jour où mon ennemi politicien va faire quelque chose de bien. Je vais le féliciter. C’est ça aussi ma liberté’’.

Idrissa Sawadogo alias Freeman Tapily, n’a pas encore sorti d’album. Mais tous les singles qu’il publie parlent généralement de politique. Par exemple les chansons ‘’Président bye-bye’’, ‘’Incivisme’’, Zem-Zem’’, ‘’Démocratie’’, ‘’Racine’’, ‘’Au pays des hommes intègres’’, etc. sont évocatrices. L’artiste reggae Burkinabè baigne dans le reggae depuis son enfance à Tiémélékro en Côte d’Ivoire. ‘’J’ai grandi auprès des grand-frères qui écoutaient nuit et jour du Bob Marley, Luke Dube, Alpha Blondy, Ismaël Isaac et les frères Kéïta, les frères Black de la rue, Serge Kassy, Back Médio, Abraham Musa, Larry Cheick,… Tous ces artistes ont crée le déclic en moi’’, dit-il.

Selon lui, le reggae est la musique qui me permet de

s’évader, d’être libre et d’atteindre des objectifs. L’afro-reggae qu’il fait met l’accent sur les paroles. La pensée, les actes d’un homme n’ont de valeur que lorsque ça permet à l’autre d’être heureux. Il ne chante pas parce qu’il a envie de chanter. Il ne dit pas des choses, parce qu’il a envie de les dire. Il les dit, parce que ça doit servir. Nous sommes dans une société où tout ce qu’on doit faire, doit contribuer au développement général de tout le monde. 

Par ailleurs, le chanteur fait aussi du social à travers son ONG African Culture. Il organise chaque année un festival dénommé ‘’Un vent de liberté’’ pour les détenus dans la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO). ‘’Je prépare la 8ème édition cette année. En allant vers les prisonniers de Ouaga qui sont environ 2000 détenues. C’est l’amour que je veux partager avec eux. Le temps d’un spectacle, d’une journée, d’un festival, ils se sentent un peu libres. ‘’Un vent de liberté’’, c’est le repas communautaire, un match de football, un concert gratuit, une consultation et l’assistance juridique et judiciaire’’, souligne-t-il.

C’est en 2003 que Freeman quitte la Côte d’Ivoire avec le Bac en poche pour le Burkina-Faso. Là-bas, il poursuit des études en Droit où il obtient une Licence et fait un Master en administration culturelle.

 

Par Patrick Bouyé

bouyepat@yahoo.fr

 

 

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