Dépositaire de la marque ‘’GG’’, Gaoussou Goïta est styliste-modéliste à la Courneuve en banlieue parisienne. Il s’est spécialisé dans la promotion de la cotonnade. A la ‘’Nuit du Mali’’ à Bercy, le 21 septembre dernier, Gaoussou Goïta y a exposé ses casquettes. Dans cette causerie, le créateur exprime son mécontentement face à la promotion du Bazin au Mali au détriment de la cotonnade.

. Comment es-tu arrivé dans le milieu de la mode ?

– C’est depuis le Mali que j’ai commencé la couture. Quand je suis arrivé en France, je me suis perfectionné. Je me suis formé pendant 2 ans à la chambre syndicale de la couture parisienne. Le directeur de la chambre me parlait très souvent du bogolan, qui était valorisé par Chris Seydou. Et pendant ma formation, notre directeur revenait sur les merveilles que Chris Seydou faisait avec le bogolan. Il m’a montré des tenues confectionnées en bogolan qui étaient portées par l’ex-Première Dame, Mme Thérèse Houphouët Boigny. C’est ce qui m’a motivé à mettre en valeur également la cotonnade. Après ma formation 2009, j’ai créé ma marque ‘’Goïta’’.

. Quels sont les produits de la marque ‘’Goïta’’ ?

– Je suis un créateur. Donc, vous aurez divers produits de ma marque tels que : sacs à main, costumes, casquettes, chemises, T-shirts, robes de mariés, tenues de sport… La cotonnade est une matière précieuse. Mais les Africains négligent ce qui est important. Si on prend l’exemple de la Chine, l’Afrique peut apporter une valeur ajoutée à sa richesse avec la cotonnade. Si les Maliens s’engagent véritablement dans la promotion de la cotonnade, notre pays va sortir de la pauvreté.

. Dans ce cas, que devient le Bazin ?

– Il y a manque d’information. Le Bazin ne se fabrique pas au Mali. Le Bazin n’est pas du tout un produit malien. Malheureusement, le Mali s’est approprié le Bazin pour en faire une identité. C’est pourquoi je demande et je conseille aux Maliens d’utiliser leur cotonnade. Parce qu’on ne peut pas délaisser un produit de chez nous et mettre en valeur un produit qui vient d’un autre pays. Chacun doit utiliser ce qui vient de chez lui. On ne doit pas laisser la cotonnade et acheter le Bazin. A ce que je sache, je ne pense pas que les Allemands portent le Bazin, qui est fabriqué chez eux. L’Africain doit être fier de sa culture et de ses produits. Et cela me fait encore plus mal de voir les maliens être fiers de s’habiller en Bazin tout abandonnant notre coton. Alors qu’un mètre de Bazin n’est même pas fabriqué au Mali.

. Penses-tu que ta revendication sera comprise par les Maliens ?

– Oui, bien sûr, certains commencent à comprendre mon combat. Je créé à longueur de journée des modèles. Dans tous les défilés de mode auxquels je suis invité, je ne cesse de faire la promotion de la cotonnade. Les commandes fusent de partout, surtout par des Blancs. Mais mon plus grand souhait est que la cotonnade soit utilisée par les Maliens. Voyons au Burkina, le chef de l’Etat s’habille dans leur cotonnade le ‘’Fasodanfani’’. C’est un bel exemple à suivre pour le Mali. En Côte d’Ivoire, les pagnes Kita sont valorisés. Donc, tous les Africains peuvent utiliser leur matière première.

. Peut-on savoir quelques défilés auxquels tu as participé ?

– Il y a quelques mois, sur les Champs Elysées et à l’hôtel de ville de Paris, j’ai participé à des défilés de mode. Récemment, j’ai été invité au festival ‘’Fasodanfani’’ organisé par la communauté burkinabé à Paris. J’ai exposé mes casquettes à la ’’Nuit du Mali’’ organisée par Dawala de WATI B, le 21 septembre dernier à Bercy de Paris.

. Parle-nous de ta collaboration avec Dawala de WATI B et Sexion d’Assaut ?

– Dawala est très sympa. Je l’ai rencontré pour lui parler de mes créations et solliciter son soutien. Il apprécié ce que je faisais ; il m’a encouragé. Depuis lors, notre collaboration se passe bien. Dawala fait beaucoup pour moi. Je lui dis merci à travers les colonnes de Top Visages Live. Et, je continue de rechercher d’autres partenaires afin de conquérir la France avec mes créations.

Réalisée par Charly Légende, à Paris

 

Gaoussou et Dawala de Wati B.

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