Face à l’indignation générale provoquée par le meurtre du Noir Américain George Floyd, Robert Brazza n’a pas pu s’empêcher d’élever la voix. Sur sa page Facebook, l’homme de médias a écrit ces mots, cris de l’âme, d’une âme éprise de justice et de liberté.

Du rêve au cauchemar américain… à George Floyd

«Lorsque la première puissance mondiale ôte le masque et dévoile ce visage hideux bien connu des africain-américains, lorsque le monde Redécouvre une réalité bien éloignée du mirage d’une communauté noire clinquante de ses acteurs blockbustés par Hollywood et triomphante de ses Queen Bey, fière de ses néo-milliardaires ou autres golden boys du sport, le réveil est brutal.

Au rêve du révérend King et à la trace historique laissée par certain un Barack Hussein Obama, 44ème président des États-Unis, succède la sinistre réalité du 25 mai 2020.

Nouvelle date de référence dans le macabre et beaucoup trop chargé calendrier des homicides, volontaires, involontaires, habituels, gratuits, prémédités ou non des hommes noirs fauchés par une violence policière blanche tristement factuelle et dont les téléspectateurs des chaînes câblées nord-américaines ne savent même plus s’ils sont extraits de séries ou de la dernière breaking-news.

Réalité banalisée, scénario d’arrestation codifié et écrit d’avance avec ce policier blanc dont les ‘grass-rooted values’, valeurs cardinales blanches héritées des pères fondateurs, sont aussi bien accrochées au mental que l’insigne d’officer qu’il arbore sur sa poitrine et qui lui donne carte blanche…en toutes circonstance.

Il la bombe d’ailleurs cette poitrine lorsqu’il pèse de tout son genou gauche sur la nuque du père de famille de 46 ans. Lui, Derek Chauvin, qui fit jadis l’objet de 18 plaintes et des lettres de réprimande en 19 années de service et qui aura été au cœur de plusieurs fusillades.

Lui, Derek Chauvin, qui était encore il y a peu agent de sécurité dans une boîte de nuit de Minneapolis où a également travaillé, en tant que videur, un certain George ‘Big’ Floyd… sa future victime.

Que penser aujourd’hui de ce quotidien coca-cola et bubble-gum avec grosses voitures et maisons luxueuses dont nous avons tous rêvé un jour ? Ce quotidien sans problèmes où bourreaux et victimes potentiels se croisent régulièrement.

Cette daily American Life où, munis du deuxième amendement et de leurs armes, chacun peut dégainer quand bon lui semble au nom de la liberté. Mais de quelle liberté parle-t-on ? Celle acquise par les Black Americans le 18 décembre 1865 après l’acte d’abolition de l’esclavage dans le pays de Lincoln ou celle dont rêvent encore nombre d’hommes et de femmes dits ‘de couleur’ ?

Dans la permanente contradiction que la société américaine offre au monde à coup de Facebook, Twitter et autres Netflix, nous autres simples mortels, que le E.T. de Spielberg ne visitera jamais, nous qui avions pourtant les yeux tournés vers cette fusée gagnant les étoiles, redescendons brutalement sur terre et nous sentons perdus.

Et comme à chaque fois qu’un fait divers, comme celui de la mort de Floyd, se produit, nous locataires de la planète bleue, nous replongeons dans un brainstorming, une sorte de communion universelle et expiatoire dont une certaine justice doit à tout prix triompher.

Soulagement provisoire pour tous ! L’homicide involontaire sur la personne de George Floyd a été requalifié en meurtre et les quatre policiers sont désormais sous les verrous. Pour quelle peine ? Et pour combien de temps ?

Fébrile, la foule des épris de justice et de liberté à laquelle nous prenons part depuis nos canapés, ou en vrai, attend, et se demande en silence jusqu’à quand cette violence raciste, gratuite ira mais aussi où et quand elle se re-manifestera.

Cette foule qui marche partout sur le globe puis pose un genou à terre scandant les noms de George Floyd, Ahmaud Arbery, Breonna Taylor, Freddie Gray, Michael Brown, Eric Garner… Adama Traoré.

On y trouve des gens de toutes conditions, de toutes confessions, aspirant chacun à ce droit essentiel qui devrait pourtant être une évidence en ce 21ème siècle tourmenté : celui de VIVRE.»

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