Frappé par une longue maladie, Tangara Speed Gôdha s’en est allé il y a 17 ans, au bout de deux ans de souffrance. Le 2 juin 2002, une lumière s’est ainsi éteinte, une étoile a disparu dans le ciel musical ivoirien.

Il est né Oumar Tangara. Pour la musique, il est devenu Tangara Speed Gôdha. Un homme à part, dans sa démarche musicale. Une démarche si singulière traduite dans sa façon d’être, de s’habiller et surtout dans ses textes. Ses mots, ses paroles étaient puisés à une source tout aussi particulière : où tout était un mélange de nouchi, baoulé, dioula et français. Le tout pour une musique atypique fondée sur une recherche permanente pour faire cohabiter reggae, jazz, rock, pop, afro beat… La chanson ‘’Loubard feeling’’ viendra comme une récompense, un parfait résumé de cette recherche. Toute la philosophie de cet homme est exprimée dans cette chanson qui restera comme la pièce qui labélise son style et le ‘’radical sound’’. Elle a également mis en lumière la façon de chanter très originale de Tangara. Car il chantait comme lui seul savait le faire, car personne ne chantait comme lui. Alors qu’on croyait qu’il prendrait plaisir à écrabouiller les mots nouchis contre les mots baoulé, dioula ou français, lui le non-violent, les faisait plutôt s’entrelacer gaiement. En les faisant glisser les uns dans les autres, il leur donnait un effet surprenant qui ne laisse personne indifférent.

Trois albums (‘’Showbiz ti réquin’’, ‘’Temps et lumière’’ et ‘’Esprits’’), trois œuvres expérimentales ont permis de cerner un peu cet artiste remarquable. On se souviendra toujours de Tangara comme celui qui a apporté un son nouveau, un changement, une ouverture par sa démarche musicale. Dommage que (jusque-là) personne n’ait été autant audacieux pour s’engouffrer dans cette pourtant belle ouverture !

M. Jésus

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