La comédienne Izabella Maya est à Abidjan pour la 11ème édition du Marché des Arts et du Spectacle d’Abidjan (MASA) 2020. La comédienne, qui fait la fierté de la Côte d’Ivoire en France et dans plusieurs pays de l’Europe, va donner un premier One woman show intitulé ‘’Origine non-Contrôlée’’, le 8 mars à l’espace Yelam’s à Treichville. Dès son arrivée, Top Visages Live l’a rencontrée pour une causerie.

C’est pour les études que toute petite, Izabella Maya est partie de la Côte d’Ivoire pour la France. Aujourd’hui, titulaire d’un master en droit, des Métiers de l’Information et de la Communication, elle a travaillé dans un cabinet d’avocat à Paris. Puis comme journaliste et chargée de relations publiques dans une entreprise parisienne.

Même si la comédie, le cinéma n’ont jamais été parmi ses métiers premiers, elle a été motivée par ses amis qui lui disaient qu’elle pouvait réussir dans le 7ème Art. Après avoir tourné dans des films avec des grands noms tels Gérard Depardieu et fait des publicités pour la compagnie d’électricité de France, la Croix Rouge française, Yves St Laurent… Izabella est aujourd’hui une fierté pour le cinéma ivoirien en Occident.

. Akwaba Izabella Maya !

– Je suis très contente d’être à Abidjan. Cette fois, je suis là pour participer, pour la première fois, au MASA, je suis encore super contente.

. Comment as-tu reçu l’invitation du MASA ?

– J’ai postulé comme tout le monde. Et j’ai été retenue dans la sélection officielle de la catégorie humour.

. Quel sera le contenu de ce spectacle ?

– C’est un One Woman Show intitulé ‘’Origine Non contrôlée’’. C’est une pièce qui parle de la femme, c’est pourquoi je suis contente de la présenter le 8 mars à l’occasion de la journée internationale de la femme. Cette pièce est également un sujet d’actualité : à savoir l’immigration, qui nous concerne tous. C’est pour montrer les galères qu’on rencontre dans des endroits ou des environnements qui ne sont pas les nôtres.

Pour toute personne qui a voyagé, quand elle va regarder la pièce ‘’Origine Non contrôlée’’, elle va forcément se sentir concernée. C’est le parcours d’une jeune fille migrante. Vous savez, dans l’entendement des occidentaux, un migrant ou une personne sans papier, c’est un illettré, c’est une personne qu’on doit mettre en marge de la société. C’est pourquoi j’ai voulu démystifier le regard des gens sur les sans-papiers.

J’ai pris un personnage qui rentre dans tous les codes de la société moderne. Elle s’exprime bien en français, elle a fait des études de droit, mais elle est sans-papier. C’est le parcours de cette jeune fille en occident, mais qui peut être représentée un partout dans le monde. Toute personne qui se retrouve dans un pays qui n’est pas le sien pourra faire la comparaison des réalités qu’elle vit.

. As-tu déjà présenté cette pièce en France ?

– Oui, bien-sûr ! Elle tourne beaucoup en France, en Suisse en Belgique. Bientôt en Grèce. C’est la toute première fois qu’elle sera présentée en Afrique, principalement en Côte d’Ivoire.

. Quelles ont été les réactions des occidentaux qui ont regardé cette pièce ?

– Etant d’origine ivoirienne, je fais l’apologie de la Côte d’Ivoire pendant mes spectacles. Et la plupart des spectateurs occidentaux me disent que je leur donne l’envie de découvrir la Côte d’Ivoire. Cela me fait énormément plaisir parce que je me dis qu’en parlant d’un sujet sérieux, j’arrive à faire la publicité de mon pays d’origine, à inciter les gens à venir le visiter, c’est doublement un pari gagné.

. Penses-tu que ton message permet aux occidentaux d’avoir un autre regard sur les migrants ou les sans-papiers ?

– Oui, bien évidemment. Dans mon spectacle, à un moment donné, je parle de la file d’attente des demandeurs, des sans-papiers, à la préfecture de Paris. Et, une fois, à la fin de mon spectacle, un riche couple français m’a fait la confidence d’avoir su les raisons de cette file d’attente de beaucoup de Noirs devant la préfecture tous les vendredis lorsqu’ils vont au marché. Et, dorénavant, ils leur feront des dons au passage.

. As-tu écrit la pièce ‘’Origine non-contrôlée’’, pour dissuader les éventuels aventuriers ?

– Non, pas du tout. Mon spectacle n’est pas moralisateur. Mon spectacle est là pour informer, pour que chacun prenne ce qu’il peut prendre. La vie en occident n’est pas forcément rose. Après, chacun est libre de faire ce qu’il veut. Moi, je relate les faits réels de nos compatriotes en occident. Maintenant, à la fin du spectacle, chacun tire la conclusion qui lui sied.

. Qui est cette jeune fille dans ce spectacle ?

– Justement, elle n’a pas de nom. C’est fait à dessein, pour ne pas cataloguer le personnage. Afin que chaque personne puisse s’identifier en elle. Cette jeune fille ne se sent pas concernée par les frontières, c’est une citoyenne du monde.

. Comment te sens-tu à quelques jours de ton premier One Woman show à Abidjan ?

– C’est la première fois que je joue dans mon pays. C’est premier show, seule en scène. Je vous avoue que je suis excitée. J’espère que je serai bien accueillie par mes paires. C’est mon baptême du feu. J’ai besoin de la bénédiction des Ivoiriens pour que le spectacle puisse grandir à l’extérieur.

Le spectacle est gratuit, venez massivement me découvrir ! Je joue l’intégralité de mon spectacle le 8 mars à la salle Yelam’s, ex-cinéma Rio à Treichville où Dj Arafat a fait son dernier concert. Ensuite, le 13 mars, à la salle Kodjo Ebouclé du Palais de la culture, je serai sur scène avec un plateau d’humoristes.

Réalisée par Charly Légende

 

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