« C’est un fait incroyable qui m’oblige à me confier à vous. Ce qui m’est arrivé est le résultat d’une erreur que j’ai commise. Aujourd’hui, j’en paie le prix.

Tout est parti d’une banale histoire d’amour, comme il en arrive dans la vie de chacun. J’ai fait la connaissance de Jean, un jeune homme, alors que nous étions en première année de BTS. J’ai passé de bons moments avec lui. On sortait beaucoup et il était pour moi à la fois un frère et un confident. Jean me soutenait et m’épaulait dans tout ce que je faisais : je veux dire, dans mes études et les conseils qu’il me donnait souvent. Il était constamment à mon écoute.

Deux ans plus tard, après l’obtention de nos brevets respectifs, Jean est parti à la SUCAF de Ferké. Mais nous avons gardé le contact. A chaque fois qu’il revenait à Abidjan, c’étaient des moments de grandes retrouvailles. Après, je ne voulais plus qu’il reparte. Mais il le fallait bien.

Au bout de deux ans, je me suis habituée à ce rythme de vie. Je passais désormais plus de temps avec mes copines. On sortait parfois les week-ends quand on en avait envie. Je n’avais pas encore trouvé d’emploi et je vivais chez ma mère (une enseignante), avec mon petit frère et un cousin. La vie était belle, même si notre père n’était pas là. Ce dernier est mort lorsque j’étais encore très jeune. Au quartier, j’avais une amie du nom de Sarah. Je passais beaucoup plus de temps avec elle. On ne se cachait rien. C’est avec elle que j’ai appris à connaître les rudiments de l’informatique à force de l’accompagner au cybercafé. Elle disait qu’elle avait un correspondant avec qui elle échangeait par mail. Voici comment, moi aussi, j’ai pris moi goût à la navigation sur Internet. Ainsi, je descendais seule pour passer les après-midis dans un cyber au bas de notre immeuble. La raison est que j’avais fait la connaissance d’un Français par le biais d’un site de rencontres. Il était beaucoup plus âgé que moi et voulait mon amitié. Il disait qu’il aimait les Africains. Nous avons échangé nos photos et il me trouvait très jolie. Il m’envoyait souvent des cadeaux : téléphone portable, webcam, appareil photo numérique, montre, etc. Une fois même, il m’a transféré une importante somme d’argent. Bien sûr, tout cela me touchait beaucoup. Il m’appelait parfois au téléphone et nous passions de longues minutes à causer. Il avait de l’humour. Ce qui faisait qu’avec lui, on ne s’ennuyait pas. Il m’a expliqué qu’il était marié et divorcé. Mais depuis, il ne s’était plus remarié. Cependant, il avait la garde de ses deux petites filles. Il ne me cachait vraiment rien. Il me parlait de lui, de ses filles, de son travail, etc. Nous avons passé presque un an à sympathiser ainsi. Au point où on ne pouvait se passer l’un de l’autre. Tout est parti de là.

Un jour, Cédric (c’est son nom) est venu pour la première fois en Côte d’Ivoire. A vrai dire, il avait déjà conquis mon cœur. Et c’est à la faveur de son séjour qu’il m’a avoué ses sentiments. Moi, je n’ai pas résisté. Et nous sommes sortis ensemble. J’avais presque oublié mon copain Jean et mes pensées étaient désormais concentrées sur Cédric qui voulait faire de moi sa femme. Je m’imaginais alors heureuse et comblée. Quelques temps après le départ de Cédric, je devais le rejoindre en France. J’ai rempli toutes les formalités et quelques mois après, je suis partie. Ça n’a pas été difficile pour moi de m’entendre avec ses deux enfants. Nous avons fait notre test de dépistage avant notre mariage. Les résultats étaient négatifs. Ce qui était plutôt une bonne nouvelle pour chacun de nous. Après quoi, Cédric m’a inscrite dans une grande école. Mon brevet n’étant pas valable là-bas, je ne pouvais pas postuler à un poste avec ce parchemin. Mais trois ans plus tard, j’ai proposé à Cédric qu’on vienne passer les vacances en Côte d’Ivoire. Car, j’avais envie de revoir mes copines de l’époque et la chaleur du pays me manquait terriblement.

J’ai donc effectué mon premier voyage au pays qui ressemblait beaucoup à un pèlerinage. Pendant notre séjour à Abidjan, j’ai rencontré Jean. Il était venu expressément pour me voir quand il a su que j’étais là. Personnellement, je m’en voulais un peu de ne pas lui avoir dit que j’étais partie en France et que j’étais désormais mariée. C’est donc pendant mes vacances qu’il l’a appris. De toutes les façons, il était heureux pour moi. Il m’a même invitée deux ou trois fois en boîte. J’étais très touchée. Pourtant, c’est pendant l’une de ces escapades nocturnes que la flamme s’est vite rallumée entre nous. C’était plus fort que nous. On n’a pas pu résister à l’envie de revivre les sensations que nous avions connues ensemble autrefois. Après ça, je suis rentrée en France avec mon mari.

La vie était agréable. D’autant plus que quelques mois plus tard, j’attendais un enfant de Cédric. Ce dernier s’occupait de moi avec tant d’amour et ne négligeait rien. Vers le huitième mois de grossesse, il rentrait tôt de son boulot pour être auprès de moi. Je n’avais jamais connu une telle marque d’attention de la part d’un homme. J’ai accouché dans une clinique, dans de très bonnes conditions. Car, je n’ai pas connu les souffrances que provoquent les douleurs de l’accouchement dont on me parlait souvent. Naturellement, mon mari était présent lors de l’accouchement. Il était heureux et tout excité à la fois. Mais son enthousiasme s’est éteint brusquement lorsque l’enfant est venu au monde. Même les sages-femmes semblaient elles-mêmes subjuguées. Je voyais les sages-femmes échanger des regards furtifs… C’est quand j’ai vu le bébé, après sa toilette, que j’ai tout compris. L’enfant était noir, au lieu d’être métis comme il l’aurait fallu. C’est vrai qu’en général, un bébé noir qui vient de naître n’est pas très différent d’un bébé métis, vu la similitude du teint. C’est après quelques semaines qu’ils prennent leur teint naturel. Mais là, celui de mon bébé ne laissait pas d’équivoque quant à ses origines paternelles. Je ne pouvais plus regarder mon mari dans les yeux. J’avais honte. La plus grosse honte de ma vie. J’ai été trahie par mon bébé. C’est seulement à ce moment-là que je me suis alors rendu compte que j’avais contracté la grossesse lors de notre voyage en Côte d’Ivoire où j’avais couché avec Jean. Une imprudence de ma part. Cette histoire est aujourd’hui la pomme de discorde entre mon mari et moi. Cédric veut divorcer. Je le comprends. Mais après, quand tout sera fini, je ne sais pas si j’aurai le courage de revenir au pays. Je ne pourrai jamais affronter le regard des gens. »

Chers lecteurs,
Un jour, un événement (heureux ou malheureux), un fait ont bouleversé le cours de notre vie, positivement ou négativement. Pour partager leur bonheur avec les autres ou pour se libérer d’un fardeau qu’ils portent depuis longtemps, certains ont décidé de se confier à Top Visages.
Vous aussi, vous pouvez nous envoyer votre histoire en nous écrivant à : confidence@topvisages.net

Laissez un commentaire