Le réalisateur Jean Louis Koula envisage porter au cinéma le célèbre romain, ‘’Les frasques d’Ebinto’’ d’Amadou Koné. Mais après le premier clap donné à Jacqueville en mai 2016, le projet s’est arrêté. Tentatives d’explications avec le cinéaste ivoirien basé aux Etats-Unis.

 

. Que devient Jean Louis Koula après le premier clap du film Les frasques d’Ebinto à Jacqueville il y a trois ans ?

  • Je me porte à merveille. Après le report de la production des ‘’Frasques d’Ebinto’’, je suis retourné aux USA et j’ai fait le point avec le partenaire américain. Et je réorganise actuellement la reprise.

 

. Que s’est-il passé exactement pour que tout s’arrête brusquement ? Certains évoquent que tu as été très exigeant avec de tes partenaires du ministère de la culture et de la francophonie de Côte d’Ivoire.

  • Ah bon ? J’ai entendu pire que ça. On a même dit que j’ai pris tout l’argent pour m’installer aux USA. Non, ce n’est pas exact ! Soyons sérieux ! Dans la vie, il faut avoir un minimum de reconnaissance vis-à-vis de ceux qui te soutiennent. Et j’en ai envers le ministre de la culture de notre pays. M. Bandama n’était pas obligé de financer ce film, parce qu’auparavant on ne se connaissait pas. La première fois qu’on s’est rencontré, il m’a demandé combien il me fallait pour mon film. Quand je lui ai dit le montant, il a accepté sur le champ et a donné les instructions à ses services. C’est pour cela que je lui en serai toujours reconnaissant. Donc il serait faux de dire que j’ai été exigeant.

. OK ! Mais pourquoi le tournage du film sur ‘’Les frasques d’Ebinto’’ n’a pas encore débuté ?

  • Ce qui s’est passé est la conséquence de beaucoup d’incompréhensions et de confusions sur mon dossier. Généralement, les prêts qui sont octroyés aux cinéastes ivoiriens sont décaissés en deux temps : une première partie pour la production et l’autre pour la post production. Or, dans le dossier adressé au ministère, j’ai juste demandé l’argent de la production : c’est-à-dire les dépenses de la régie comprenant le salaire des comédiens, des techniciens ivoiriens, le décor, la nourriture l’hébergement etc. Puisque la postproduction était déjà acquise avec le partenaire américain.

. Mais qu’est-ce qui a bloqué le processus ?

  • L’encaissement de la première tranche a servi à la préparation de la production, la construction des décors, les repérages, l’engagement d’une partie des techniciens… Au moment du décaissement de la 2è tranche qui devait nous conduire à la réalisation, le blocage est intervenu. Je dois rappeler qu’un long métrage se tourne en sept semaines. Quand on démarre, on ne peut pas arrêter, surtout que je tournais avec une équipe mixte de Français, de Burkinabè et d’Ivoiriens.

. Quelle est donc la situation du film actuellement ?

  • Dans l’état actuel, tout est à reprendre. Le partenaire américain m’a lâché. Les dépenses déjà effectuées, sont tombées à l’eau. Il s’agit des salaires des techniciens, des billets d’avion et de toutes les dépenses de régie. Un véritable gâchis ! Mais je ne désespère pas. Je viens de trouver un producteur pour la reprise de la production. Je suis au stade de la signature des contrats. La seule divergence, ce sont les dates de tournage. Le producteur aurait souhaité qu’on tourne après l’élection présidentielle qui aura lieu en octobre prochain. Alors que moi, je militerais pour début juin 2020. A ce propos, je serai au pays bientôt pour rencontrer l’équipe technique.

. A part ça, qu’elle est ton actualité aux Etats-Unis ?

  • En dehors du travail sur mon scenario, je bosse pour une télé universitaire américaine comme directeur de production avec un budget 500 millions de FCFA chaque année. J’en ai profité pour faire un diplôme de producteur que j’ai obtenu l’année dernière.

. Quel regard portes-tu sur le cinéma africain ?

  • Le cinéma africain est un cinéma d’avenir dans la mesure où nous avons beaucoup de choses à dire. Il y a beaucoup de jeunes talents. Le seul conseil que je puisse donner à mes jeunes frères pour rivaliser avec les occidentaux, c’est de mettre l’accent sur la formation. Le cinéma est un métier qui exige des connaissances artistiques et techniques de pointe et cela est possible en allant à l’école ou en apprenant auprès de cinéastes aguerris.

O. A. Kader

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