Ancien joueur de l’Impact de Montréal, Didier Drogba est poursuivi pour 2,2 millions de dollars par un jeune entrepreneur québécois, qui l’accuse d’avoir fait échouer le lancement de sa collection de chaussures de sport, pour laquelle l’ex footballeur devait jouer le rôle d’ambassadeur.

Depuis quelque temps, Didier Drogba est visé par une poursuite en justice. Il s’agit d’une plainte déposée à la Cour supérieure de Montréal par Jordan Alexander Pascal, un entrepreneur québécois, qui réclame à l’ancien footballeur la somme de 2,2 millions de dollars (1,166 milliards Cfa environ).

Il accuse Drogba d’avoir ruiné sa jeune entreprise de chaussures. Une affaire que trouve étonnante l’ex star de l’Impact Montréal, qui considère cette poursuite comme « un abus qui frôle l’extorsion ».

Car il semblerait bien que l’Ivoirien a plutôt fait des efforts pour aider le jeune entrepreneur dans son projet de commercialiser des chaussures de luxe ; mais c’est finalement lui qui risque de payer cher.

Tout a commencé en 2016 alors que Drogba était joueur à l’Impact Montréal. Un jour, Jordan Pascal rencontre le footballeur et lui fait part de son projet. Il lui présente le produit et propose qu’il en soit l’ambassadeur.

Les chaussures devaient être vendues à des prix oscillant entre 800 dollars (400 000 F cfa) et 950 dollars (500 000 F cfa). Dans un texto, la star de l’Impact, sensible aux efforts de Pascal, lui aurait écrit ceci : « J’aime le produit et j’aime ton ambition ».

Pour joindre l’acte à la parole, Drogba, qui a aimé ce qu’il a vu, a accepté de collaborer avec la nouvelle marque, JAD Footwear. C’est ainsi qu’il aurait mis des moyens à la disposition de l’entrepreneur pour lancer le projet, selon la presse montréalaise.

Didier Drogba posant avec les chaussures avec les chaussures JAD.

JAD Footwear a ensuite conçu des chaussures personnalisées du footballeur. Mais tout ceci s’est fait sans un contrat à la base. Les détails d’un accord auraient été discutés avec Michael Sultan, présenté comme un conseiller de Didier Drogba, et un intermédiaire s’occupant des engagements commerciaux du sportif. Mais ce contrat n’a pas été signé.

« Même si le contrat n’a pas été signé formellement, Drogba a explicitement accepté ses termes », insiste l’avocat de l’entrepreneur.

Selon Jordan Pascal, au bout d’un moment, les choses ont déraillé lorsque la conseillère en relations publiques du joueur, Caroline McAteer, s’est mêlée du dossier, en juillet 2017. Mais, en fait, celle-ci voulait voir clair dans ce business et s’assurer que tout était correct, notamment en ce qui concerne l’image du footballeur.

Elle refusera d’approuver des photos promotionnelles et un communiqué de presse. Didier apprendra plus tard que Pascal n’était pas le vrai designer des chaussures qu’il lui avait présentées.

En mars 2019, Jordan Pascal décide de porter plainte contre le footballeur qui évoluait désormais au Phoenix Rising Fc, du côté de l’Arizona (Etats-Unis). Parmi les faits qu’il reproche à Drogba, son absence à la cérémonie de lancement de la marque de chaussures au grand magasin Selfridges de Londres, le 11 novembre 2017.

Par ailleurs, pour lui, la responsable des relations publiques aurait nui à la couverture médiatique de l’événement, notamment en demandant un droit de regard sur les textes à publier avant d’accepter les demandes d’entrevue des journalistes, ce qui en aurait rebuté plusieurs.

Même si, deux jours après, le footballeur a publicisé les chaussures sur les réseaux sociaux, Pascal allègue qu’il lui était également impossible de joindre Didier Drogba ou Caroline McAteer.

Devant la plainte et les arguments avancés, Didier Drogba est choqué, surtout par le récit des faits tels que présentés par Jordan Pascal. « Les allégations des plaignants contenues dans la demande ont été faites avec mauvaise foi et présentent un récit des faits délirant et imaginaire que les plaignants savent être faux et trompeur », dit-il dans sa défense.

Que va dire la justice dans cette affaire ? En attendant, du côté de Montréal, on apprend que l’entrepreneur Jordan n’en est pas à ses premiers problèmes. En 2019, la Banque Royale a obtenu contre lui un jugement pour qu’il rembourse une somme de 85 000 dollars (environ 45 millions francs cfa).

C. Simba

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