C’est un groupe congolais de Kinshasa et ils sont en train de faire une ascension incroyable en ce moment. Ils s’appellent Kokoko ! Leur musique, c’est de la Techno sans technologie et tous ces instruments modernes. Non. De toutes les façons, ils n’avaient pas les moyens de s’offrir un instrument de musique. C’est pourquoi, pour satisfaire leur soif de faire de la musique, ils se sont vus obligés de créer, de fabriquer leurs propres instruments : des bidons, des boites de conserve, des bouteilles, des canettes, des câbles électriques et d’autres objets de récupération. D’une machine à écrire, par exemple, ils font une boite à rythme. Leur batterie est faite d’un grille-pain, de casseroles et de boites de conserve. Une guitare à une corde, en fil de fer. Avec ça, ils produisent leur propre son qui n’a rien à voir avec tous les sons de musique qu’on a l’habitude d’entendre. Un truc inclassable, un mélange entre House, Techno, Afro-Funk, pop… Et c’est joué avec un groove brut, une énergie féroce, sur des rythmiques débridées. Et ça cartonne !

Kokoko ! c’est Toc-toc-toc, comme quand on frappe à la porte. Un groupe formé de cinq garçons : quatre Congolais, Makara, Dido, Boms, Bovic et un Français, Débruit. En créant leurs propres instruments avec les moyens du bord, ils ont brisé tous les codes musicaux pour offrir un autre style, une autre forme de Dance Music. Et ça prend le contre-pied de tout ce qui se fait traditionnellement en République Démocratique du Congo, rumba, mutuashi et autres rythmes traditionnels. « C’est un mélange des influences de chacun. Tout cela ajouté à l’ambiance et à l’énergie combinées avec une approche un peu plus électronique, ça crée un combo totalement nouveau. Nous avons une énergie très atypique », explique Débruit. L’idée des instruments rudimentaires n’est pas nouvelle à Kinshasa. Mais avec ce groupe, on est loin des Konono n°1, Mbongwana Star ou Staff Benda Bilili. Kokoko, ça déménage et c’est un peu déjanté. «On a mille influences, dit Makara. On passe du zagué au couper-décaler et à la rumba. Des musiques du Nigéria ou d’Afrique du sud. C’est la force du Kokoko finalement, parce que ce qu’on propose ne s’inscrit dans aucun style particulier.»

C’est d’abord dans les clubs, soirées dansantes et les nuits de Kinshasa que le groupe s’est révélé. Depuis peu, la bande en combinaisons jaunes a entamé une tournée sur les scènes d’Angleterre, d’Allemagne, de Belgique et de France. Et leur son nouveau, cette transe explosive est déjà partagée par le public européen. Actuellement, les garçons préparent une tournée aux Etats-Unis. Ils ont largué récemment un magnifique clip, ‘’Tokoliana’’, qui illustre parfaitement leur style.

R. Jordan

Laissez un commentaire