Après plusieurs scènes montréalaises et une multitude de festivals dédiés à la relève musicale  québécoise, Dakka Dembélé vient enfin de sortir son tout premier album sous le label Disques Nuits d’Afrique. Intitulé Petit Bateau et distribué numériquement et mondialement par Distribution Select, l’œuvre riche de 9 titres chantée principalement en bambara et en français invite avant tout à la justice sociale.

La richesse et la diversité de la scène montréalaise combinées à ses nombreuses collaborations avec différents musiciens locaux dont Abdoulaye Koné, les Rootsteppers, David Mobio, Namori, Ons Barnat et Solid Ground vont largement inspirer cet artiste dans le développement de son style musical.

Né à Anyama, dans la banlieue Nord d’Abidjan (Côte d’Ivoire) de parents Maliens, Dakka Dembélé se laisse inspirer tout naturellement par les plus grands noms du reggae ivoirien et africain : Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly, Ismael Isaac, Lucky Dube, Koko Dembelé entre autres. Et à l’image de ses modèles, il se révèle un talentueux artiste de reggae roots. Comme eux, il dénonce avec véhémence les injustices sociales, la pauvreté et la corruption.

Dans ses chansons, Dakka porte un regard sans complaisance sur des situations d’injustice grave, corolaires de la décadence de notre époque. Il le fait avec une plume simple et poétique, ainsi qu’avec sa voix proche de celle d’Alpha Blondy. Justement, une raison qui explique que le cinquième titre de l’album porte le nom de Jah Blondy. Un hommage et une chanson riche d’enseignement qui livre sa version revue et corrigée de Jagger. Ces pièces enlevantes sont toutes autant de morceaux marquants, aux mélodies et aux rythmes qui respectent les normes et les valeurs du roots.

La musique de Dakka coulant de son vécu africain est portée par des mélodies rythmées et engagées qui transportent le mélomane dans un univers à la fois enjoué et troublant. Ce qui donne à son premier album, Petit bateau, un air de voyage finement construit. Un album riche et accrocheur.

Coréalisée par Apotcho Strong et Guy Kaye, qui ont mis leur riche expérience au service de ses compositions engagées, cette œuvre à la fois grave et ensoleillée est un régal de reggae.

Dramane K. Denkêss, à Montréal

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