La triste nouvelle de la disparition de Laurent Dona Fologo, décédé dans la soirée du vendredi 5 février 2021, a ému les Ivoiriens. L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports du premier président Félix Houphouët-Boigny aurait été emporté par la Covid-19, selon des proches.

LDF, comme l’appelaient ses intimes, était avant tout un journaliste. Formé à l’École supérieure de journalisme de Lille, il a été le premier rédacteur en chef puis directeur du groupe Fraternité-Matin avant d’être nommé ministre de la communication.

Il deviendra ensuite ministre de la jeunesse et des sports. Une fonction qui le rendra plus célèbre encore, notamment avec les campagnes des Eléphants à la CAN à Maroc 88 et surtout Sénégal 92 où la sélection de Côte d’Ivoire a remporté sa première coupe d’Afrique des nations.

Premier Secrétaire général du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), LDF a été ensuite président du Conseil économique et social jusqu’en mai 2011.

Né le 12 décembre 1939 dans le village de Péguékaha (à une dizaine de kms de Sinématiali), Laurent Dona Fologo a été maire de la commune puis député du département. Connu pour sa générosité, il avait marqué les esprits dans les années 90 en faisant construire des maisons pour les personnes âgées de son village natal et offert des motos pour leur déplacement.

Dans la vie de tous les jours, Fologo était un homme simple, discret et sans protocole quand il se retirait dans sa modeste demeure de Sinématiali, située près de l’école primaire publique Siné-centre et la résidence du sous-préfet.

(Crédit photo : CJS)

Fervent adepte de la tradition Sénoufo (notamment du peuple Nafara dont il était issu), l’homme était présent à certaines cérémonies lorsqu’il était en séjour au village. « Drouw » (L’hippopotame, en langue Sénoufo) était son surnom sacré. Car réputé insaisissable et invincible comme cet animal, à l’aise à la fois sur la terre ferme comme dans les eaux, même les plus troubles.

Et Fologo réussissait toujours à sortir son épingle du jeu, même dans le marigot politique ivoirien. Un homme de consensus, de paix et attaché aux idéaux autrefois prônés par son maître et père adoptif, le président Félix Houphouët-Boigny qui lui fit très tôt confiance en l’appelant auprès de lui.

Loyal, fidèle serviteur, rigoureux, Fologo est resté jusqu’au bout attaché à ces principes : la paix dans le dialogue. Quitte à être, hélas, incompris parfois. Mais l’homme n’avait que faire des opinions va-t-en-guerre. Il n’avait qu’un idéal et un mot à la bouche comme une fleur à la boutonnière : la paix.

En octobre dernier, il a été désigné Président d’honneur du haut conseil du cénacle des journalistes séniors, organisation de anciens de la profession, dirigée par Lucien Houédanou depuis le 24 octobre 2020.

Fologo, le doyen des doyens s’en est allé, à 81 ans. Puisse son âme reposer en paix, et que la terre de ses ancêtres Sénoufo lui soit légère.

François Yéo

 

Laissez un commentaire