C’est en dévoilant son palmarès complet que la 4è édition de Toukountchi Festival du cinéma du Niger a pris fin le samedi 2 novembre dernier à l’Institut de formation professionnelle aux techniques de l’information et de la communication (IFTIC) de Niamey. De la fiction au documentaire en passant par des films d’école, le jury composé de professionnels du cinéma, de journalistes et critiques de cinéma, s’est penché sur les films proposés. Les réalisateurs, jeunes ou confirmés, ont soumis aux différents jurys des œuvres originales qu’ils ont développées autour de divers thèmes.

La riche programmation des films a d’ailleurs servi de toile de fond pour asseoir les bases de ce jeune festival du 7è art africain qui puise sa singularité dans le traitement des faits proches des populations. Que ce soit ‘’Afiti’’ (qui évoque la maltraitance d’une petite domestique de maison), ou  »La vie d’une handicapée » (qui met en lumière le courage d’une couturière infirme surpassant son handicap pour s’imposer dans son milieu professionnel) ou encore ‘’Policikè’’ (qui expose les magouilles et collaborations secrètes entre patronat et classe politique), c’est toute la société africaine actuelle qui a été passée au peigne fin pendant ce rendez-vous du cinéma.

A côté de la compétition des films, qui compose l’essence de Toukountchi Festival du cinéma du Niger, ce rendez-vous s’est aussi basée sur des communications dont le but est l’amélioration et le développement du cinéma du continent. Saïdou Ousmane, DG de l’office de la radiodiffusion télévision du Niger (ORTN) a montré l’importance de l’image dans le cinéma en développant le thème ‘’L’image au cinéma’’. Quant à Hadou Sondé du Fespaco, il s’est prononcé sur ‘’Quels films pour les festivals de cinéma en Afrique’’. Et comme quiconque parle festival de cinéma, évoque nécessairement financement, Oumarou Compaoré du Fespaco a donc montré ‘’Les stratégies de financement et de budgétisation des festivals de cinéma’’. Enseignant à l’Université Pr Joseph Ki-Zerbo de Ouaga, Dr Issaka Tiendrébéogo a intervenu sur l’importance de ‘’L’actorat dans le cinéma et le théâtre’’.

Toutes ces conférences-débats ont été très suivies par les festivaliers et le grand public composé majoritairement d’étudiants. L’autre temps fort de Toukountchi Festival du cinéma du Niger a été le moment où Zalika Souley a partagé son expérience avec les festivaliers. La première actrice du Niger a évoqué les barrières rencontrées quand elle s’investissait comme femme au cinéma dans un pays ou les pesanteurs de la religion (islamique) et les coutumes étaient encore d’actualité. « A notre temps, faire du cinéma voudrait dire débauche, selon les parents. Aujourd’hui, cela veut dire civilisé. Ce n’était pas facile d’être actrice en 1966. On me critiquait et m’insultait partout. Mes parents n’étaient pas épargnés non plus », a-t-elle révélé.

O. A. Kader

Photos : Dieu-Donné Tchani

PALMARES TOUKOUNTCHI 2019

Meilleur fiction moyen-long métrage : ‘’Si loin si près’’ de Saturnin Ayenouet (Gabon)

Meilleur court métrage fiction : ‘’Afiti’’ de Wilfried Langoye (Gabon)

Meilleur Interprétation féminine : Blanche Bana Matho dans ‘’Si loin si près’’ (Gabon)

Meilleur interprétation masculine : Amadou Tonko dans ‘’Un coin du ciel noir’’ de Djingarey Maiga (Niger)

Meilleur Scénario : ‘’Un coin du ciel noir’’ de Djingarey Maiga (Niger)

Meilleur musique de film : ‘’Un coin du ciel noir’’ d’Aly Atchibili (Niger)

Meilleur court métrage documentaire :  »La vie d’une handicapée » de Rekia Idrissa (Niger)

Meilleur moyen-long métrage documentaire :  »Reggae ivoirien » de Désiré Téhua (Côte d’Ivoire)

Meilleur documentaire Films des écoles :  »Elègbara, la butte sacrée » de Gildas Dossou (Bénin)

Meilleur fiction Films des écoles :  »Le secret » d’Amadou Diabagaté (Mali)

Mention spéciale films des écoles :  »Wentenga, un cas d’école » de Guet-Wendé Serge Gaël (Burkina Faso)

Prix du jeune talent du Fespaco :  »Aube d’un crépuscule » de Zeda Ahmed Assane (Burkina Faso)

Prix du jeune talent du Fespaco :  »Elègbara, la butte sacrée » de Gildas Dossou (Bénin)

Prix Paulin Soumanou Vieyra de la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique (FACC) :  »Un coin du ciel noir » de Djingarey Maiga (Niger)

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