Dans la nouvelle génération de chanteurs zouglou, le groupe Magic Diézel est en plein boum en ce moment. Notamment, grâce à la fameuse invitation qu’ils ont lancée : ‘’Allons à Gagnoa’’ !  Depuis, ils marchent au… diesel. La chanson tourne partout et sur toutes les platines.

Après la sortie officielle de leur album, les deux jeunes zouglou se sont confiés à Top Visages.  

 

Agou Noé Omer Légré alias Tim et Serge Pacôme Djédjé alias Sawako, les deux complices font chemin ensemble depuis l’orchestre Diézel, à San-Pedro. Ils y ont évolué en tant que chanteurs leads. C’est là que tout a commencé pour le groupe Magic Diézel.

Là-bas, à San-Pedro, ils se font remarquer entre 2012 et 2013 en interprétant des chansons dans les boites de nuits, bars climatisés et autres espaces de divertissements de la cité balnéaire. En 2014, Tim et Sawako abandonnent l’orchestre et décident d’entamer une carrière à deux. Ils sortent un maxi-single intitulé ‘’Prophétie’’. Par la suite, le duo fait la rencontre de Hilarion La Mémoire qui va les motiver à venir à Abidjan afin de poursuivre leur carrière. A Babi, ce dernier va les présenter à Brico Gaullini qui deviendra le producteur de Magic Diézel. Les deux artistes publient en janvier 2015, un maxi-single, ‘’Virus’’, sur lequel figurent les titres ‘’Kanou’’ et Pôtôpôtô’’. En 2016, ils sortent un autre maxi-single, ‘’Esprit Shegué’’. En 2017, c’est un single, ‘’On se djo au sommet’’. Et depuis quelques semaines, la chanson ‘’Allons à Gagnoa’’, sortie en prélude à leur album de 16 titres intitulé ‘’Caviar’’, est en train de faire exploser les hits. En l’espace de quelques jours, elle est devenue un véritable hymne.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à apporter des envolées lyriques traditionnelles dans le zouglou ?

– C’est le résultat d’une recherche musicale. Parce que nous avons voulu nous démarquer de nos collègues. Nous avons décidé d’apporter notre touche personnelle au zouglou. Ce n’était pas évident que nous soyons acceptés, mais les mélomanes apprécient nos différentes productions. C’est un sentiment de fierté, et cela nous emmène à travailler davantage pour se maintenir.

 

Que pensent les devanciers du zouglou de votre innovation ?

– C’est une fierté pour nos ainés du zouglou qui ne cessent de nous le faire savoir. A chacune de nos prestations, nous recevons des encouragements et des félicitations.

 

Que répondez-vous à certains de vos ainés du zouglou, qui vous taxent d’avoir dénaturé le zouglou avec votre style de musique et des textes légers ?

Effectivement, ce sont des paroles que nous entendons très souvent dans le milieu zouglou. Le zouglou reste le zouglou malgré tous ces changements. C’est ça aussi l’évolution. Il faut être capable d’accepter les changements du moment. Chaque génération a ses réalités. Et elle apporte sa touche selon sa vision. Au temps du groupe Les Salopards, il y avait cette liberté d’exprimer ce qu’ils vivaient. Sans oublier que les faits de société de leur époque ne sont pas les mêmes que nous vivons actuellement. Les années universitaires n’ont rien à voir avec l’année 2018. Notre génération est influencée par le couper-décaler, c’est dans cette atmosphère que nous essayons de pérenniser le zouglou tout en dénonçant les tares de la société. Au zouglou, y a pas l’argent rapide, c’est plutôt au couper-décaler.

 

Les problèmes de la société n’ont pas changé. Il y a le chômage, l’insalubrité, le phénomène du broutage, des microbes… Pourquoi vous n’abordez pas ces sujets ?

– Notre nouvel album intitulé ‘’Caviar’’ comprend 16 titres et j’invite les mélomanes à s’en procurer. Nous avons y abordons plusieurs sujets qui miment notre société. Et nous pensons que nous l’avons bien fait.

 

Pourquoi avez-vous intitulé votre album ‘’Caviar’’ ?

– Nous avons voulu proposer une œuvre d’une autre dimension aux mélomanes. C’est pourquoi, nous avons intitulé cet album ‘’Caviar’’. Nous avons travaillé avec plusieurs arrangeurs afin d’avoir diverses colorations musicales. Il y a la touche des arrangeurs Olivier Blé, Cédric K-Navaro, Roch Arthur, Sniper, Bébi Philip…

 

Votre titre ‘’Allons à Gagnoa’’ extrait de cet album cartonne en ce moment. Quelle est l’histoire de cette chanson ?

– La chanson ‘’Allons à Gagnoa’’ est une idée de notre producteur Brico Gaullini. C’est lui qui nous a fait la suggestion de faire une dédicace à la ville de Gagnoa. Parce que de cette localité que sont nées plusieurs stars du football et des personnalités politiques. Il nous a donné quelques paroles et nous avons composés la chanson avec les arrangements de Roch Arthur. Et ce titre connait un franc succès.

 

Peut-on dire que votre producteur est l’auteur de la chanson ?

– C’est Magic Diézel et son producteur qui sont les auteurs de la chanson.

 

Certainement ces stars du football que vous citez vous ont retourné l’ascenseur ?

– Ce n’est pas forcément que le retour soit une affaire financière. C’est plutôt de savoir qu’ils ont été honorés par les jeunes frères artistes. Nous reconnaissons que cette chanson nous a effectivement rapprochés des Didier Drogba, Max Gradel, Franck Késsié… Nous sommes heureux de mériter leur soutien. Le 25 novembre dernier, lorsque nous étions en prestation à l’Internat de Yopougon, nous avons reçu un appel téléphonique en direct de Didier Drogba, qui nous a encore félicité. Tout le staff était très content. Pour nous, ce geste vaut plus qu’une enveloppe. Car c’est un acte qui reste gravé dans nos mémoires.

 

Tim, avec ce gros succès, pourras-tu continuer ta carrière d’acteur, puisque tu es l’acteur principale de la série ‘’Zougloukata’’ ?

– Ce n’est pas vraiment facile pour moi. Mais je m’organise pour honorer mes différents engagements en tant que chanteur et acteur. J’ai repris le tournage de la saison 2 de la série ‘’Zougloukata’’ avec le réalisateur Franck Focus.

 

Comment gérez-vous désormais toutes ses nanas qui vous courent après ?

– Sawako : Je partage déjà ma vie sentimentale avec ma femme, donc je ne suis pas un cœur à prendre.

– Tim : Celle qui partage ma vie privée, est une femme réservée, qui ne souhaite pas être dévoilée dans les médias. Donc tout comme mon binôme, j’ai une charmante femme dans ma vie.

 

Quels sont vos projets ?

– Notre staff composé de Valerie Douhadéh, Anicet Gaullini, Marcellin Attisony, Guy Laurent Djoro, Armand Kablan et notre producteur Broci Gaullini sont à pied d’œuvre pour que nous puissions conquérir le monde avec nos différents albums. Parce que notre objectif est de représenter la Côte d’Ivoire sur des scènes à l’échelle internationale. Nous travaillons pour la réalisation de tous ces projets. Après la dédicace du nouvel album, nous aurons notre premier concert grand format en 2019 et une série de spectacles en Europe.

 

Charly Légende

Charlylegende1@gmail.com    

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