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Mode : Arten, sur les traces de Pathé’O

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Arten Création, c’est une marque de vêtements qui fait la fierté des habitants du Pays des Hommes intègres. Rencontré au cours d’une visite d’activité avec sa clientèle ivoirienne, le couturier ouagalais s’est ouvert à la Rédaction de Top Visages Live.

Pour Arten, tout part de Ouagadougou, sa base. « C’est de là que je fais voyager ma marque à travers l’Afrique et beaucoup en Côte d’Ivoire », dit-il. Timide et réservé, cet ardent bosseur s’est spécialisé dans la couture mixte. Hommes et dames, enfants et adultes trouvent satisfaction dans ses créations, aussi  bien dans les coupes africaine et européenne. « J’arrive, en tout cas, à le faire le mieux possible pour le bonheur de mes clients », soutient-il.

Le couturier réalise de superbes chemises et des tuniques pour les hommes. Côté dames, ce sont des tenues de soirée, de cérémonie et de ville. « A mes débuts, je faisais beaucoup de costumes. Depuis quelque temps, j’essaye de dévier un peu. Même si on utilise le tissu africain pour le faire, le costume n’est pas typiquement africain », déclare Arten.

« J’utilise beaucoup plus les pagnes tissés de chez nous, notamment le Faso Dan Fani et le Koko Dunda récemment. A ces matières, il faut ajouter tous les tissus traditionnels africains avec lesquels j’aime beaucoup travailler. Je raffole des matières africaines ».

C’est depuis 1995 que la marque Arten Création a été créée. 15 ans après, elle a été sacrée premier Ciseau d’Or du Burkina Faso en 2011. « Ce prix a vraiment contribué à me lancer. Les semaines qui ont suivi, on m’appelait de partout pour me féliciter. Ça a vraiment contribué à l’avancement de ma carrière », reconnait-il. « Depuis, j’ai participé à presque tous les grands défilés internationaux présentés à Ouaga comme  »Folie de Mode’’,  »Bobo Fashion Week’’,  »Mod’Afrique’’, les grands défilés du SIAO et du FESPACO, le SIPAO… »

En 2016, Arten a été décoré dans l’ordre du mérite du Burkina Faso.
Dans son atelier installé à la Patte-d’oie à Ouaga, il ne se donne pas de limite. Il se bat pour que ses créations se portent partout. « Je suis panafricaniste. Et je veux assurer une belle carrière comme l’a fait le doyen Pathé’O. Il faut montrer aux jeunes que la couture n’est ni un métier de second plan ni pour ceux qui n’ont pas réussi à l’école », dit-il.

Natif de Bingerville en Côte d’Ivoire, Arouna Tiendrebeogo (son nom à l’État civil) est autodidacte. « Je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école », regrette-t-il. « Je me suis formé à travers la télé, la radio, les journaux. J’ai fait l’école de la vie ». C’est dans la presse qu’il découvre ceux qui deviendront ses modèles : Pathé’O, Alphadi, Chris Seydou, Angybell, Nawal El Assad… « Ils m’ont toujours fait rêver », révèle-t-il.

« Le destin m’a permis de rencontrer un jour de 2008 Pathé’O. Et je ne l’ai plus quitté. Aujourd’hui, il est mon modèle principal parce qu’il est modeste, humble et travailleur. Pour moi, papa Pathé’O est un exemple parfait. J’ai connu des gens dans le milieu, dès qu’ils ont eu un peu d’argent, ils ont dévié. Papa Pathé’O est resté constant. Il a montré que c’est possible de réussir dans la couture en Afrique », dit-il.

Et dire que c’est sur coup de tête qu’il entre dans la couture au début des années 1990. En formation chez un tiers, il brûle les étapes et devient très vite un professionnel. Quelques années après, il s’installe à son compte et lance Arten Création. Aujourd’hui, Arten espère conquérir le monde par le travail. « Il n’y a que le travail qui peut nous sortir de notre situation actuelle. A tous les jeunes panafricanistes, je demande l’abnégation et l’amour du travail bien fait », conseille-t-il en guise de conclusion.

O. A. Kader

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