Ancy Kiamwangana, ici sur scène avec son père Verckys pour interpréter la chanson  »Nakomitunaka ».

Relancée à la suite du débat sur l’esclavage des noirs vendus en Lybie, la chanson Nakomitunaka de Verckys Kiamwangana vient d’être remise au goût du jour par une jeune chanteuse congolaise. Et qui, mieux que la fille de l’auteur de cette œuvre, pour rallumer la flamme de la revendication de l’identité du peuple noir.

En effet, c’est Ancy Kiamwangana, la fille de Verckys qui vient de reprendre merveilleusement ce titre à succès publié en 1972. Une chanson qui, à l’époque, a été suscitée par la politique du retour à l’authenticité africaine prônée par le président zaïrois Mobutu Sese Seko, à partir de 1971.

Saisissant la balle au bond, Verckys Kiamwangana a écrit cette chanson qui pose de multiples interrogations sur l’origine et l’identité du peuple noir. Elle dit notamment :

« Ah, je continue à me demander. La peau noire, quelle est son origine ? Notre ancêtre, qui est-il ? Jésus-Christ, Fils de Dieu, lui, est de race blanche ! Sur les photos, tous les saints sont de race blanche ! Mais quand il s’agit du diable, il est de race noire ! Ah maman, d’où vient une telle injustice ? »

Pour Verckys, il s’agissait de dénoncer cette injustice faite par les colons Blancs qui ont tourné les choses en leur faveur en faisant croire aux Noirs qu’ils étaient une race inférieure. En représentant, par exemple, les anges par la couleur blanche et le diable par la couleur noire. Des paroles qui ont fait réagir vivement le colonisateur, à travers l’église catholique à cette époque.

Cette chanson a résisté au temps. Et, 48 ans après, Ancy reprend le flambeau pour interroger à nouveau. Avec son père Verckys au saxo, cette reprise, même avec une douce voix féminine, conserve sa pertinence.

C. Simba

 

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