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Nama Bouaké révèle : ‘‘ce que le concert du groupe VDA à Paris nous a rapporté’’

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Depuis quelques années, Nama Bouaké tisse sa toile dans le milieu des promoteurs de la diaspora ivoirienne en France. Et en peu de temps, son écurie regorge de plusieurs chanteurs couper-décaler, zouglou, mandingue… Après la réouverture des salles suite à la crise sanitaire, il a égaillé la diaspora ivoirienne d’Europe avec une série de spectacles. Avant son départ pour Abidjan pour la signature d’un contrat de booking avec Yodé et Siro, il s’est ouvert à Top Visages Live. Nama Bouaké dévoile ici ses ambitions pour la musique ivoirienne et les promoteurs de la diaspora.

. Comment es-tu arrivé dans ce milieu ?
– Je suis arrivé dans ce milieu à Paris grâce à Charles Boly. A mon arrivé en France en 2014, je cherchais, je réfléchissais à quoi faire. J’avais un peu d’argent sur moi : plus de 15 millions que j’ai eus dans 2 tontines à Bouaké. Et aussi grâce à la vente de mes 3 voitures à Abidjan. J’avais aussi contracté un prêt avec ma banque. Donc, je me suis préparé financièrement avant d’aller pour cette aventure. Lorsque je suis arrivé en France, je me suis confié à Charles Boly qui m’a pris comme un de ses bons éléments. Grâce à l’argent que j’avais, j’ai financé plusieurs de ses événements et ceux d’autres anciens promoteurs. Par la suite, Charles Boly m’a aidé à monter ma première structure, Nama Production. Puis, j’ai créé ma deuxième structure Nama Bouaké Prodution avec, cette fois-ci, l’aide et le concours de Christy B.

. Comment as-tu fait pour gagner la confiance des artistes ?
– Il faut dire la vérité et être sérieux. Je ne suis pas un promoteur véreux ou cupide. Je respecte le talent des artistes. Parce que c’est leur gagne pain. Je ne dis pas ce que je ne peux pas faire pour un artiste. C’est ainsi que j’ai eu ma renommée. Les artistes avec qui j’ai commencé et qui sont encore sous contrat avec moi, il y a Soum Bill, Les Garagistes, Safarel, Atito Kpata , Les leaders, Affou Junior, Molière, Zouglou Fashion, Affou Keita, Esaie Original, Mister Johnny, Saly Djely et d’autres en cours de validation.

. De quels moyens disposes-tu pour assurer la charge de tous ces artistes ?
– L’argent que me rapportent mes sociétés en France. Ce n’est pas énormes, mais ça me permet de gérer mes affaires. J’ai 3 maisons privées dont j’ai signé les contrats de bail de 6 mois à 1 an de location. J’ai une maison de 4 chambres pavillon de 2 étages, une maison de 2 chambres avec salon et une maison d’une chambre salon et 2 voitures à la disposition de mes artistes.
Moi même, personnellement, j’ai ma société de nettoyage et je suis gérant de société de sécurité en France.

. Est-ce vraiment un business rentable ?
– Pour le moment ça va. Il faut être optimiste et courageux. Sinon, j’ai perdu plusieurs fois dans des spectacles. Certainement, c’est ce qui fait que plusieurs promoteurs quittent le milieu. J’ai investi plusieurs millions dans des spectacles sous l’effet de la passion. C’est un milieu qui me plaît, car en dépit des pertes financières, j’ai pu me créer des relations et des contacts partout dans le monde. Et j’en profite pour gérer le côté business du show.

Je me rappelle qu’en 2018, ma mère a été étonnée de me voir encore dans ce milieu. Surtout après avoir perdu 12 millions de francs dans un concert d’Affou Keita et Mohamed Diaby que j’ai organisé dans l’ancien stade de Bouaké. Elle m’a dit : comme tu aimes ça et que tu as décidé d’en faire ton travail pour rattraper ce que tu as perdu, je vais prier pour toi. En 2019, je reviens auprès de maman à Bouaké pour lui expliquer comment je me suis retrouvé avec une dette de 25.000€ (environ 16.375.000 Fcfa : ndlr) dans l’organisation des 25 ans de carrière de Soum Bill au Dock Eiffel à Paris. Ce jour-là, ma mère pensait que cette fois-ci j’allais arrêter pour de bon. A sa grande surprise, je lui ai demandé de redoubler de prières et de bénédictions, parce que je préparais une série de concerts. Dans ce milieu, il faut être passionné et l’argent va suivre.

. Où héberges-tu les artistes que tu fais venir ?
– Mes artistes sont logés dans des résidences sécurisées répondant aux normes européennes. Vous pouvez demander aux artistes.

. Il semble que dans votre milieu des promoteurs, les artistes sont souvent hébergés chez des amis ou parents. Cela peut arriver n’est-ce pas ?
– Pas du tout ! Et pas avec la structure Nama Bouaké Production. Bien au contraire, la plupart de nos artistes se fréquentent et se connaissent déjà. Si c’était le cas, il y a longtemps que tous les acteurs du show-biz auraient su que je n’avais pas les moyens de loger mes artistes. Il faut respecter ses engagements avec les artistes. C’est écrit noir sur blanc dans le contrat que tu dois l’héberger, donc c’est une obligation du promoteur. Vous savez, j’ai une nouvelle vison pour les promoteurs de la diaspora. Si mon contrat de booking est fini avec un artiste, que mon collègue le veut dans sa structure, si l’artiste me demande mon accord, il peut partir. Sans rancune. C’est pourquoi déjà, je crée l’harmonie entre les artistes dont j’organise les tournées. Il n’y a pas de jalousie ou de concurrence entre les artistes même s’ils sont du même genre musical.

. Après ton clash avec le promoteur Idriss de Bengue, à quel niveau se situe votre relation aujourd’hui ?
– Je respecte tous mes aînés et mes devanciers du milieu. Mon éducation ne me permet pas de faire des clashs. Mais je ne peux pas admettre aussi qu’un grand-frère me manque de respect ou tente de m’humilier gratuitement pour se donner de la cote. Lorsque j’avais mon concert mandingue à la même date que celui d’Idriss, afin d’éviter une guerre, j’ai décalé simplement mon évènement. Il a fait son concert, j’ai aussi fait le mien. Donc Idriss et moi, tout va bien.

Pendant longtemps, les promoteurs de la diaspora ivoirienne en France étaient divisés. Ils se boycottaient les uns les autres. Malheureusement, ce sont les artistes qui prenaient les pots cassés. Aujourd’hui, la nouvelle génération de promoteurs a décidé de s’unir et de se soutenir mutuellement pour relever le niveau de la musique ivoirienne en France. Nous voulons l’unité, une solidarité entre les promoteurs de la diaspora. Et je ne cesse de me battre pour atteindre cet objectif. C’est pourquoi, après ma conférence de presse de lancement du concert de Yodé et Siro, je suis parti assister à celle de mon collègue Kouriol qui organise les deux concerts des Patrons à Abidjan et celui du Zénith. Désormais, les artistes ivoiriens doivent jouer dans les grandes salles de l’Europe. Et ça, c’est notre défi.

« Le concert du groupe VDA nous a rapporté beaucoup »

 

. Quel est ton plus mauvais souvenir avec un artiste ?
– Je prends la vie du bon côté. Je n’ai pas encore eu de mauvaise expérience avec un artiste. Tout ce qui m’arrive, j’en tire une leçon et j’avance. Certes, j’ai perdu de l’argent dans l’organisation de certains concerts, mais tous les artistes et groupes ont toujours respecté leurs engagements vis-à-vis de ma structure.

. Lequel des artistes t’a rapporté beaucoup d’argent ?
– J’avoue que le concert du groupe VDA nous a rapporté beaucoup. Tant au niveau de l’expérience, de la crédibilité et sur le plan financier.

. Les gens disent que ce ne sont pas des tournées que tu organises, c’est juste des shows pour la communauté ivoirienne.

– Chacun est libre de dire ce qu’il pense. Seulement, ma structure Nama Bouaké Prodution a toujours su faire la part des choses. Mais ne confondons pas un concert mandingue et une tournée européenne.
Cela dit, pensez-vous que nous pouvons interdire l’accès d’un spectacle à une communauté au profit d’une autre ? Je dis simplement non. Arrêtons de nous dénigrer. Je lance un appel à la communauté ivoirienne, sans distinction : les promoteurs ont besoin de leur soutien à travers leur présence aux différents concerts, showcases. Ainsi nous allons avoir la force de prendre des salles comme le Zénith, Bercy pour les artistes ivoiriens.

. Ton prochain événement, c’est le concert de de Yodé et Siro, à Paris.
– Le duo Yodé et Siro est très attendu par la diaspora africaine. C’est pourquoi j’ai organisé une conférence de presse pour présenter le contrat que j’ai signé avec ce groupe au monde entier. C’est une fierté pour moi de les booker. L’Europe avait besoin d’une série de concerts de ces artistes. C’est un groupe constant. Et nous allons parler de paix, de cohésion, d’unité et de solidarité de la diaspora ivoirienne et africaine. Mon objectif est de rapprocher les uns et les autres à travers mes différents évènements. Je profite de vos colonnes pour annoncer ce concert de Yodé et Siro le 11 mars à Sarcelles, en banlieue parisienne. C’est dans la même salle que nous avons organisé le concert de VDA et de Josey. Nous comptons sur la mobilisation de nos compatriotes afin que ce concert se fasse à guichets fermés.

Réalisée par Charly Légende, à Paris

 

2 Commentaires

  1. Franchement je salut le courage et le dévouement de ce jeune frère qui a une grande ambition pour la culture Ivoirienne et africaine à l’international
    Moi personnellement il me donne le courage de continuer d’apprendre en d’accompagner la culture
    Je rêve suivre ses traces car il reste un exemple pour la jeune Africaine en générale celle de la Côte d’Ivoire.
    Je lui souhaite un bonne chance dans son Aventure et je salut son courage. Car c’est vraiment pas facile de laisser sa femme et se mettre entièrement à la Disposition d’une communauté de plusieurs couches sans oublier les difficultés qu’il rencontre dans cette Aventure
    Merci à Nama Bouaké Production , courage et bon chance à lui pour la suite de cette Aventure

    Marius Douahoudéh de Paris.

  2. Courage et félicitations à mon ami d’enfance… J’avoue qu’il a une grande passion pour la musique et il mérite d’être encouragé 🇨🇮🇨🇮🇨🇮🇨🇮🇨🇮🙏🙏🙏🙏🙏🙏🙏

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