Le mardi 30 octobre 2018, elle est accueillie à l’aéroport de Plaine-Corail de Rodrigues (Île Maurice) comme une rock star. Nkulee Dube, la fille du reggaeman sud-africain Lucky Dube (assassiné en 2007) arrivait sur cette petite île en tant que tête d’affiche du Ladies Festival. Un événement musical pour célébrer la femme, à laquelle elle était très attendue par le public rodriguais.

Trois mois avant, elle était à Bagnols-sur-Cèze, entre Cévennes et Provence, près d’Avignon (France). Nkulee participait au Bagnols Reggae Festival où elle a partagé la scène avec le grand Alpha Blondy. Il y avait là également un autre héritier, Julian Marley, le fils Bob Marley.

Depuis son premier album, My way, sorti en 2009, cette jeune femme a éclaté sous les projecteurs, elle qui était jusque-là dans l’anti-chambre. Dans l’ombre de son père, elle faisait partie intégrante de la carrière du célèbre chanteur de reggae. Elle jouait plusieurs rôles à ses côtés, prenant part à de nombreuses tournées avec lui.

La mort de son père, le 18 octobre 2007, sous ses yeux, a été un choc inouï pour elle. Nkulee était là, dans la voiture avec son papa lorsque les malfaiteurs ont tiré sur lui. « Ce fut un moment très difficile dans ma vie. J’ai dû arrêter de travailler pendant un an », a-t-elle confié à l’agence de presse SNA, lors de sa dernière tournée aux Seychelles en août 2014. Nkulee a dû également suivre des soins psychologiques. «Je suis passée par plusieurs thérapies pour me reprendre en main. Ça a été une expérience horrible pour moi», dit-elle.

Désormais, Nkulee Dube a repris le flambeau. Mais sans prétention d’égaler la dimension de son père. « J’aimerais bien suivre ses traces, dit-elle. Mais ses chaussures étaient trop grandes pour une artiste féminine. Bien sûr, j’aimerais arriver à ce niveau. Mais, même si j’arrive à atteindre ne serait ce que 10% de ce que mon père était, cela serait un grand honneur pour moi.»

Evidemment, elle ne chante pas les mêmes thèmes que son papa. Mais ce qu’elle fait est déjà remarquable. « Lui, il parlait de l’apartheid. Nous n’avons plus l’apartheid. Je suis d’une génération plus jeune. Mes chansons traitent des questions qui touchent les jeunes de mon époque. Je parle des enfants, des femmes qui sont victimes d’abus. Je parle de ce qui se passe autour de moi. Mais le message que je veux faire entendre, c’est celui de l’amour. Manifestons l’amour autour de nous ! »

Le nom de Nkulee Dube a déjà largement franchi les frontières sud-africaines. Et cette chanteuse, qui est souvent présente à New York, a été honorée par la ville américaine : un certificat d’honneur décerné par le maire de New York et une journée dédiée à la jeune femme (Nkulee Dube Day). Le 11 juin 2018, Nathi Mthethwa, ministre des Arts et de la Culture d’Afrique du Sud, n’a pas pu s’empêcher d’exprimer sa fierté en faisant un tweet pour féliciter la chanteuse.

R. Jordan

 

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