Il fait partie des 95 acteurs du secteur de la communication et des médias qui ont été décorés dans l’Ordre du Mérite de la Communication mardi 17 décembre dernier. Le caricaturiste Pépé Stanislas vient ainsi d’être honoré pour l’ensemble de son œuvre. Depuis de nombreuses années, le talent de cet artiste l’a emmené dans plusieurs pays à travers le monde ; soit pour travailler, soit pour recevoir un prix, une médaille, comme ce fut le cas il y a quelques jours à Abidjan.

Installé depuis plus de 20 ans dans les Yvelines, en région parisienne, avec son épouse et ses enfants, Pépé continue son métier : croquer l’actualité, donner, à travers ses coups de crayon, son regard sur l’évolution de notre monde. Un travail qui l’a révélé aux Ivoiriens dans les années 80 grâce aux quotidiens Fraternité-Matin et Ivoir’Soir.

Après le centre de formation artistique d’Abengourou, puis un stage à Paris (en communication et art visuel), il a commencé comme dessinateur et décorateur dans des émissions de la télévision avec Geneviève Wanné, ou encore à ‘’Appelez-moi Léo’’ de Tantie Léo. Mais les choses vont changer brusquement un matin. Ce jour-là, il reçoit un appel téléphonique : « C’est M. Auguste Miremont, alors Directeur Général de Fraternité-Matin, qui me fait appeler. Il me propose de faire des caricatures dans le journal », se souvient-il. Commence alors sa longue aventure dans les illustrations de presse.

Puis, avec la naissance du second quotidien du groupe, Ivoir’Soir, le 11 mai 1987, Pépé intègre la jeune équipe dirigée par Kébé Yacouba. C’est l’un des épisodes les plus marquants de sa carrière. Grâce une plus grande exposition de son travail dans le quotidien du soir, le plus prisé de la fin des années 80. Avec, notamment, la rubrique des faits divers. Une rubrique populaire qui, pendant plusieurs années, portera la marque du duo Kassamoi-Pépé (Kassamoi dit Kass pour les texte et Pépé aux illustrations). Avec chaque jour, des histoires de malfrats, de truands à la petite semaine, de petits voleurs. Comme celle de ces voleurs qui ont dépouillé une famille, à Dabou, qui s’apprêtait à prendre son repas. Et ce titre : ‘’Hold up sur le repas de midi’’. «C’était l’histoire d’un père et sa famille qui étaient à table, raconte Pépé. Le papa a commencé à prier pour bénir le repas. C’est à ce moment-là que des petits voleurs sont entrés. Ils ont pointé leurs armes sur eux. Et, humant la bonne odeur et voyant le copieux repas que la famille allait manger, ces petits bandits ont tout ramassé. Même les casseroles qui contenaient encore le reste de la nourriture, ils les ont emportées sans rien laisser. Sans penser aux pauvres petits enfants de la maison.» Des faits de ce genre, il y en avait régulièrement. Et Pépé se faisait le plaisir de les illustrer.

Aujourd’hui, en France, il continue de faire des illustrations pour plusieurs médias tout en travaillant à la commune des Mureaux (Les Yvelines) où il expose ses œuvres et donne des cours de dessin aux enfants.

R. Jordan

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