Ce jeudi, Yodé et Siro ont été reconnus coupables, par la justice, des faits qui leur étaient reprochés et condamnés à 12 mois d’emprisonnement avec sursis et 5 millions de francs d’amande chacun. Voici les coulisses de ce procès.

Le procès de Yodé et Siro, ce jeudi, a drainé une grande foule au tribunal d’Abidjan Plateau. Arrivés dès 9h le matin, ces gens ont ensuite envahi tout le hall. Il y avait de nombreux artistes de toutes les tendances : couper-décaler, rap, humour… Et, naturellement, tout le ’’Gbonhi’’ du zouglou et ses ’’doyas’’.

On pouvait remarquer également la présence des managers et plusieurs opérateurs culturels et des mécènes. Parmi eux, Claude Bassolé (ex-producteur de Yodé et Siro), Aimé Zébié (propriétaire de l’espace L’Internat).

A midi, le procès n’avait pas encore commencé. Certains commençaient à avoir le ventre au talon. Notamment ceux qui n’avaient pas pu prendre leur petit-déj et qui sont arrivés au Plateau à 6h pour faire une déclaration au nom de la Fédération Nationales des Artistes Zouglou de Côte d’Ivoire (FENAZ).

Peu après, petit événement : l’arrivée de Petit Denis vers 13h fait monter l’ambiance dans le hall. Denco, sans perdre de temps, improvise une chanson en guise de soutien à Yodé et Siro. Mais, il est vite interrompu par un agent de police en service, qui demande l’arrêt du spectacle. Ensuite, Petit Denis est reconduit hors du hall, à la grande désolation du public.

Il est 15h. Tout ce monde commence à s’impatienter. Chacun veut accéder à la salle pour être témoin de ce procès. Aucun d’eux ne veut rater ce moment « historique ». Malheureusement, la salle d’audience ne peut pas contenir tout le ‘’Gbonhi’’ de Yodé et Siro.

Comment faire ? Pour une bonne discipline, Yannick Rossi, Kiki Prestige, Junior (manager de de Yodé et Siro ) demandent que tous se mettent en deux rangées. Mais la situation reste toujours tendue.

Soudain, un jeune homme crie à haute voix : « Libérez Yodé et Siro ! ». Cette sortie risquait d’aggraver les choses. Un officier de police met aussitôt en garde le staff : « Si vous ne réussissez pas à calmer vos gars qui font tous ces bruits, votre procès sera reporté. Et vos deux amis iront à la MACA ». Cette phrase jette le froid dans la foule.

Visiblement épuisé, Yannick Rossi trouve la force de dire aux fans : « Vous voyez, quand je vous dis calmons nous, vous pensez que c’est un jeu ! Cette affaire est très sérieuse. Vous faites ça, mais quand Yodé et Siro seront à la MACA, on ne verra personne », lance-t-il visiblement énervé.

Mais il faut trouver un moyen de calmer tout ce monde. Le staff de Yodé et Siro annonce à ce moment-là que le procès se fera à huis-clos. Aussitôt, c’est le clame dans le coin.

Dans la salle d’audience, vers 16h, Yodé et Siro apparaissent et se dirigent vers la barre. C’est l’émotion dans l’assistance. A la vue des deux chanteurs, certains fans, les filles notamment, n’arrivent pas à contenir leurs larmes. D’autres, en sanglot, quittent la salle pour aller pleurer dehors.

Malgré la fatigue qui se lisait pourtant sur leur visage, le duo est souriant, serein et déterminé. Ils répondent, ensuite, aux questions et défendent (en ’’zouglou’’) leurs propos tenus pendant leur spectacle à l’Internat. Comme la réponse à la question concernant leurs propos sur la supposée arrestation des jeunes Baoulé qui frise un appel à la révolte :

« Monsieur le président, j’étais chez moi à la maison et le Ministre de l’intérieur a dit, au journal de 20h, que ce sont les petits Dioula qui ont été tués alors qu’ils relevaient les barrières qui auraient été faites par les Baoulé… Monsieur le président, dites-moi, comment le Ministre de l’intérieur sait qui est Dioula et qui est Baoulé ? »

Puis, lorsque l’un des juges demande aux chanteurs zouglou de faire un a capella, c’est l’hystérie totale dans la salle d’audience et dans le hall.

A la fin du procès, après donc le verdict, du champagne a été servi à Yodé et Siro par le staff, pour célébrer leur libération. Yodé, qui n’avait pas pu fumer une seule cigarette pendant toute la durée de leur garde à vue, s’est vite rattrapé.

Charly Légende, envoyé spécial

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