Le jeudi 19 mars 2020, jour où le roi du soukouss a rendu l’âme à Paris, un tweet annonçant son décès a fait le tour des réseaux sociaux. C’est celui de la rappeuse française Liza Monet, qui n’est autre que la fille d’Aurlus Mabélé. Et son message disait :

« Mon papa est mort ce matin du coronavirus. Merci d’honorer sa mémoire. C’est une grande légende du Soukouss que le peuple congolais perd aujourd’hui. Je suis inconsolable et effondrée. Mon papa que j’aime tant… Aurlus Mabélé ».

Pour illustrer son message, elle a publié une photo d’elle encore bébé dans les bras sa mère (une Réunionnaise), avec son père à ses côtés. Mais qui est Liza Monet, cette rappeuse dont toute la presse people parle ?

Née le 12 avril 1989 à Clamart (sud-ouest de Paris), au moment où son père est au sommet de la musique africaine avec des succès comme Africa Mousso, Femme ivoirienne, Alexandra (son vrai prénom) va connaître des moments difficiles dès l’adolescence. À 16 ans déjà, elle traverse une étape qu’elle a encore du mal à évoquer aujourd’hui.

«J’ai arrêté l’école parce que j’étais tombée enceinte. Et en gros, j’avais des jumeaux. J’étais déjà à presque trois mois. Quand ma mère a su ça, elle m’a laissé le temps de réfléchir. Mais j’ai quand même dû avorter ». Abandonnée ensuite, livrée à elle-même, sans amour, elle flirte avec la prostitution et la pornographie. Ce qui va amener son père à la renier pendant un long moment. Une expérience qu’elle ne voudrait jamais recommencer.

Quand, à 23 ans, devenue chanteuse de rap, elle a sort premier titre My Best Plan, le passé de la jeune rappeuse la rattrape aussitôt. Malgré 6 millions de vues sur Youtube, le titre est supprimé dès que le passé de Liza est révélé. « Quand ils ont découvert que j’avais fait du porno, j’ai vu tous mes espoirs, mon avenir s’effondrer. J’avais même envie de me suicider. Je ne sais pas comment j’ai surmonté ça », dira-t-elle.

Mais la musique sera son meilleur allié, son meilleur refuge. A travers la musique, elle se libère, exprime et expulse toutes les douleurs enfouies en elle. Aidée par le talent qu’elle possède, elle fait son chemin. Avec plusieurs singles et deux albums : Monet Close (2013), Alexandra (2018). Le 6 mars, deux semaines avant la mort de son père, elle a publié un nouveau titre : Size.

C. Simba

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