Il l’avait lui-même déclaré dans le refrain de sa chanson Reggae Strong. En disant « Nobody can stop reggae » (personne ne peut arrêter le reggae), le musicien savait sans doute pourquoi. Car, même s’il a disparu physiquement, Lucky Dube continue d’exister (spirituellement) dans la mémoire collective. Notamment, grâce à son œuvre immense et la philosophie rasta dont il était aussi l’un des adeptes fervents.

Voilà 13 ans que le chanteur sud-africain est mort, assassiné lors d’une tentative de vol de son véhicule, dans une banlieue de Johannesburg, le 18 octobre 2007. Ce jour-là, les voleurs ont tiré sur lui à bout portant. Lucky Dube a rendu l’âme sur le coup, devant ses deux enfants, alors âgés de 16 et 15 ans. La nouvelle de sa mort a ému le monde, en particulier la planète reggae toute entière qui venait de perdre ainsi l’un de ses les plus illustres ambassadeurs.

Chanteur engagé, au timbre vocal unique, avec un fond musical souvent emprunté aux sonorités locales, Lucky Dube, barbe au vent, a su tracer son chemin pour s’installer au panthéon mondial du reggae. Là où trônent des grands noms comme Bob Marley, Peter Tosh, Ijahman, Bunny Wailer, Alpha Blondy, Burning Spear, U Roy, Tiken Jah Fakoly, Gregory Isaacs ou encore dans un style plus édulcoré Jimmy Cliff… pour ne citer qu’eux.
Artiste talentueux et prolifique, il aura bâti une riche discographie. Avec, entre autres, Lengane Ngeyethu (son premier album en 1981), Rasta never die (1984), Slave (1987), Prisoner (1989), House of exil (1991), Taxman (1997), Soul taker (2001), Respect (sorti un an avant sa mort).

François Yéo

 

Laissez un commentaire