Après la cérémonie des Kundé d’or le 26 avril dernier où Roga Roga a reçu le trophée du meilleur artiste de l’Afrique Centrale, il a mis le cap sur Abidjan pour le FEMUA. Sur le podium de l’INJS le 27 avril, Roga Roga et son groupe Extra Musica ont mis le feu sur la scène. Pendant leur prestation, ils ont fait la démonstration d’une nouvelle danse : le ‘’Moutouka’’ qui accompagnera le prochain album intitulé ‘’Secret’’ (ou Sékélé). Dans cette causerie, le leader d’Extra Musica, fidèle lecteur de Top Visages s’est livré à cœur ouvert à tous ses fans.

 

. Tu reviens des Kundé d’or au Burkina avec le trophée du meilleur artiste de l’Afrique Centrale.

– (Il présente le trophée) Effectivement, j’ai reçu le trophée du meilleur artiste de l’Afrique Centrale. C’est le travail qui paye. Tous les trophées que je gagne, c’est la reconnaissance du travail du groupe Extra Musica.

. Que retiens-tu de votre prestation au FEMUA ?

– Le public ivoirien est magnifique. Extra Musica est toujours bien accueilli ici. Notre prestation a été formidable. Je peux dire que le bilan est positif, car tout s’est bien passé. Merci à Asalfo et à toute son équipe.

. Comment fais-tu pour tenir avec Extra Musica malgré souvent les départs de certains cadres du groupe ?

– Si je dormais sur mes lauriers ou si je faisais le deuil parce qu’un tel est parti du groupe, peut-être qu’Extra Musica n’existerait plus. On serait en train de parler de nous au passé. Mais j’ai tenu grâce au travail. Et quand tu es un leader, il ne faut jamais baisser les bras face à une situation. Cela doit te servir de leçon pour aller de l’avant.

. Quel est ton secret pour surmonter tout ça ?

– Je suis en contact avec le public d’Extra Musica. J’écoute ce public et j’essaie de leur répondre en donnant ce que ce public attend de nous. C’est ça notre secret, sans oublier qu’on adresse aussi nos prières à Dieu parce que c’est Lui notre guide et notre source d’inspiration.

. Récemment tu as été décoré par l’ambassadeur de la France au Congo ?

– Oui. Bien avant ma décoration française, j’ai reçu le prix du meilleur artiste Afrique centrale à la cérémonie de Canal d’or. C’est quelques semaines après que j’ai été élevé au rang d’Officier des Arts et des Lettres de France, le 6 avril. C’est l’ambassadeur de la France au Congo qui m’a donné la médaille. La musique, aujourd’hui, ce n’est pas facile face à la piraterie qui mine notre industrie. Avec les téléchargements qui ne sont pas monétisés en Afrique, tout cela ne nous rend pas la tâche facile. Mais ces trophées viennent nous booster.

. Avec ton single ‘’Rupture ‘’, tu t’es montré très engagé !

– Si le fait de dénoncer un phénomène qui mine notre la société, fait de moi un artiste engagé, alors oui, je suis un artiste engagé. Quand on est dans un pays où les gens pensent que la corruption est une façon de vivre, que la gabegie est leur petit déjeuner, il arrive un moment où le peuple en a ras-le-bol. En tant qu’artiste, j’ai le devoir de dénoncer. Parce que je sais qu’à travers ma musique, le message peut arriver dans toutes les contrées.

. Penses-tu que ton message a été perçu ?

– Si ! Et je m’en réjouis car je pense que mon message a été bien perçu par les autorités de Brazza. Parce que le président Sassou a parlé de la gabegie, du népotisme, de la corruption lors d’un de ces discours. Des mesures ont été prises. Des gens ont été punis à des peines de prison pour détournement de deniers publics. Alors qu’auparavant, cela n’existait pas à Brazza. Et, on voit le changement qui se fait dans la capitale. En tant qu’artiste, je joue ma partition en dénonçant, en interpellant les dirigeants sur tel ou tel sujet. Si les autorités ne m’écoutent pas, ce n’est pas de ma responsabilité. Cependant, je vais toujours continuer mon rôle d’être un éveilleur de conscience. Parce qu’un pays qui n’a pas de vision d’avenir, ça ne sert à rien.

. Quelle est ta relation avec Fally Ipupa et Ferré Gola…?

– On a des relations fraternelles. Seulement, nos emplois du temps, ne nous permettent pas de nous rencontrer. Chacun de nous est occupé à sa carrière. Soit l’un est aux USA, l’autre en Europe, un autre en Afrique. Donc, c’est rare de nous voir ensemble. Sinon, quand l’occasion se présente, on partage un repas ensemble dans une bonne ambiance.

. Malgré votre guerre de leadership, pouvez-vous vous assoir à la même table ?

– Ça existe la guerre de leadership, mais nous formons une famille où chacun doit respecter l’autre.

. Tu as célébré à Paris les 25 ans d’Extra Musica dans une atmosphère tendue.

– Ce n’était pas avec les ‘’Combattants’’ qui ont voulu empêcher la tenue de ce concert. Le concert s’est passé sous une haute surveillance policière. Mais, malgré la présence des contingents de la police et de la gendarmerie, il y a eu 32 personnes qui ont été mises en garde à vue. Même la presse française a relayé l’information. Cela n’a pas été facile pour mon manager Berbère Etou et pour l’organisateur de gérer ce cafouillage, mais l’essentiel que je retiens, Extra Musica a joué à Paris. Nous avons également célébré les 25 ans en Guinée-Conakry et à Abidjan.

. A quoi doit-on s’attendre avec le prochain album d’Extra Musica ?

– Le prochain disque d’Extra Musica comprend 10 titres. L’œuvre est intitulée ‘’Secret’’. En lingala, on dit ‘’Sékélé’’. On n’a pas l’habitude de faire des collaborations dans nos albums, mais cette fois, il y aura 5 featurings : avec un Congolais de la RDC, un Ivoirien, un Nigérian, une Américain et un Français. Je tais les noms pour l’instant. Les fans vont les découvrir lorsqu’ils achèteront l’album ‘’Sékélé ‘’. Le secret de notre musique va être dévoilé dans cet album avec la danse ‘’Moutouka’’.

Réalisée par Charly Légende

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