Roméo Mobio a bien saisi la perche du N’Zassa Mode Festival 2017 pour écrire son nom aux côtés des grands créateurs africains. A toutes les étapes où il a été sollicité, il a crevé l’écran. Découverte d’un petit de la mode qui rêve de devenir  grand !

 S’il y a bien un nom avec lequel il faut désormais compter dans le paysage de la mode en Côte d’Ivoire, c’est bien Roméo Mobio. Le jeune modéliste a créé la surprise au N’zassa Mode Festival tenu du 9 au 12 mars dernier à Abidjan. A la 2ième journée de ce rendez-vous de la mode le 10 mars à l’esplanade de Cap Sud, il émerveillé l’assistance par ses créations. Et dire qu’il n’était même pas prévu pour cette édition. C’est quand Ciss St-Moïse, l’initiateur de l’évènement, a décidé de rendre hommage à ses anciens élèves, qu’il lui a fait appel. Roméo a présenté une collection de cinq tenues de sa collection First Lady. Ce sont des vêtements de grand soir de couleur rouge. «C’est juste pour magnifier la femme africaine. Le rouge, c’est l’amour-passion, la détermination et la puissance», explique-t-il. Après ce raout, Roméo étale aussi son talent au N’Zassa Street le 11 mars sur l’avenue 8 à Treichville.

La force de Roméo, c’est qu’il est un vrai modéliste. Il maitrise les patrons. C’est ce qui lui permet d’être à l’aise sur tout support. Que ce soit le pagne imprimé, la soie, le satin duchesse ou le tissé africain, Roméo s’exalte. «Je fais avec n’importe quel tissu ce que je veux. En quelque sorte, le tissu est mon esclave. C’est à moi de lui donner la forme que je veux», dit-il. Ses coupes exactes sont soutenues par de bonnes finitions. Spécialisé dans la couture dame au départ, il a fini, à force de travail et recherche, à intégrer la mode masculine dans sa ligne. Toute sa production sort de sa maison de couture baptisée Rotex, pour dire Roméo Textile. Elle fabrique deux marques, à savoir Apoliman, qui veut dire chance en Ebrié et Lohï, qui signifie la nôtre. Mais dans la couture, le jeune créateur a plutôt sa petite idée pour faire la mode. Il n’est pas très sur-mesure et son rêve est l’industrialisation de la mode. A côté de la couture classique, il a monté son unité de confection de polos. Il en réalise pour de grandes entreprises et des couturiers. «Je me définis comme un fabricant qui travaille pour les grandes marques », précise Roméo. Pour arriver au bout de son rêve, il s’est offert un matériel de pointe. Quel que soit le motif que ses clients lui demandent, il arrive toujours à sortir un produit fini qui leur plait.

Roméo Pamphile Nampé Mobio est fils d’un directeur pédagogique. Il fait ses premiers pas dans la cordonnerie qu’il a vite abandonnée. C’est 1999 qu’il tombe amoureux de la mode. Il veut être un couturier célèbre. Le déclic s’amplifie quand il voit les créations signées Gilles Touré, Pathé’O et Ciss St Moïse. Pour arriver au niveau de ces maîtres, il s’inscrit en 1999 à l’Ecole de couture Horizon. Après sa formation, il multiplie les stages chez Nawal El Assad, Habiba Soucoulé…  Roméo est ensuite recruté par Ciss St Moïse pendant des années. C’est chez Ciss qu’il peaufine son talent et apprend la couture homme. Quand il quitte le patron de Tropic 105, il fait un bref séjour à Luanda en Angola. «Je suis revenu après seulement deux mois, car là-bas, je ne pouvais pas m’exprimer», dit le modéliste. En 2011, Roméo s’installe à son compte en face de la pharmacie de l’Entente à Treichville.

 

Par Omar Abdel Kader

 

kadertani@topvisages.net

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