Exilé en France depuis la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, Serge Kassy se bat pour donner un sens à sa carrière à travers des concerts entre deux marches de combattant de la liberté. Ce samedi 9 février, il donne rendez-vous à son public dans la mythique salle du New Morning, à Paris. Causerie.

Au regard de ce public qui te suit, ne trouves-tu pas le cadre du New Morning exigu ?     

Le New Morning, cette salle mythique que vous connaissez est une opportunité qui m’est offerte. Et je n’avais pas d’autre choix que de la saisir. Cette opportunité, c’est surtout donner l’occasion à mes fans qui, depuis un an, ne m’ont pas vu en live de vibrer à nouveau. J’espère les voir encore plus nombreux qu’à mon dernier live à la Boule Noire, à Paris.

Ce concert sera-t-il une sorte de showcase pour ton single ‘’Allô Douékoué’’ ou un concert classique de visite de ton répertoire ?  

 C’est un concert dont le thème est ‘’libération et paix’’. Et l’ironie du sort a voulu que nos deux prisonniers soient innocentés et acquittés à quelques jours du show. Ce sera un grand concert en son et en lumière, avec une revue de toute ma discographie que mon public appréciera. Ce sera la grande messe du reggae de ce début d’année.

Peux-tu nous résumer en quelques mots le single ‘’Allô Duékoué’’ ?         

‘’Allo Duékoué’’ parle du génocide wêh. En une nuit, les forces rebelles ont fait une descente musclée sous l’œil approbateur de la force Onusienne. La nuit du 26 au 27 mars 2011, près de 1000 jeunes wêh ont été exécutés sans autre forme de procès et la communauté dite internationale, de manière complice, s’est tue sur cet évènement grave. C’est un devoir de mémoire, je n’ai pas voulu être complice d’un silence coupable.

Le choix du New Morning me semble judicieux en vue du décollage de ta carrière internationale.  Mais cette étiquette Pro Gbagbo ne va-t-elle pas être un handicap pour toi ?        

J’assume cette étiquette sans problème et sans hésiter, car cet icône n’appartient plus a la Côte d’Ivoire, mais à toute l’Afrique libre et digne. Je crois au contraire que c’est un atout. Quand on est dans la vérité, et qu’elle finit par triompher, on se sent soulagé. La plateforme de la Diaspora panafricaine et ivoirienne et moi avons mené un combat nuit et jour, sous la pluie et sous la neige. Nous avons été sur les pavées pour diffuser le message de la vérité. Comme tous les militants, je me trouvais à la Haye quand le verdict est tombé.

Carino de Dimi, à Paris

3.5/5 (2)

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