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Utilisation des œuvres de l’esprit lors des législatives 2016 214 Députés interpellés par le BURIDA

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Le BURIDA a organisé le mercredi 25 janvier à son siège aux Deux-Plateaux-Vallons, une conférence de presse sur l’état des droits d’auteurs des artistes utilisés par des candidats pendant la campagne législative de décembre 2016.

Le Bureau Ivoirien du Droit d’Auteur (BURIDA) est monté au créneau le mercredi 25 janvier pour interpeller les élus qui ont utilisé les œuvres des artistes lors des élections législatives de décembre 2016. Au cours de la conférence de presse dans les locaux du BURIDA, le président du conseil d’administration, Séry Sylvain et la directrice générale, Irène Vieira ont dressé le bilan des perceptions liées à l’utilisation des œuvres de l’esprit pendant la campagne des législatives de décembre2016. Les deux responsables du BURIDA lancent un appel fort à 214 Députés pour qu’ils s’acquittent des redevances des droits d’auteur des œuvres utilisées pendant la campagne législative de décembre 2016. Sur 1390 candidatures enregistrées auprès de la commission électorale indépendante lors des législatives de décembre 2016, seuls 62 candidats ont répondu à l’appel du BURIDA en payant les redevances des droits d’auteurs des artistes.

Selon la directrice générale du BURIDA, c’est vraiment un échec par rapport aux objectifs visés au départ. ‘’Lors des élections de 2012, 8,9% des candidats s’étaient acquittés de ce droit. Seulement 4,46% des candidats pendant la campagne de décembre 2016 ont obtenu l’autorisation de diffusion des œuvres de l’esprit du BURIDA. C’est donc c’est plus de 95% qui n’ont pas encore respecté leurs engagements. Plusieurs siègent aujourd’hui à l’Assemblée Nationale. Il y a même des membres du gouvernement qui font partie des mauvais payeurs’’, dit-elle.

De fait, à en croire Irène Vieira, cette attitude des élus du peuple tue la créativité en Côte d’Ivoire. Pour une opération qui devait rapporter plus de 251 millions Francs CFA au BURIDA, ils se retrouvent aujourd’hui avec seulement 11 millions Francs CFA. ‘’C’est un coup dur porté aux acteurs culturels ivoiriens. Le rayonnement de la culture dans notre pays est en train de s’effriter à cause de ce comportement des Députés. Nous avons les preuves avec des enregistrements des reportages de la RTI que des candidats ont utilisé des œuvres des artistes pendant la campagne législative de décembre 2016. Si rien n’est fait, nous allons saisir la justice’’, souligne-t-elle.

Quant à Séry Sylvain, président du conseil d’administration du BURIDA, il compte adresser un courrier au Président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro, pour interpeller l’institution. Mais il sait compter sur la bonne foi des Députés pour s’acquitter de leurs devoirs. ‘’Nous avons fait cette conférence de presse pour attirer l’attention des représentants du peuple qui légifèrent à l’Assemblée Nationale. Ils doivent avoir un comportement citoyen. Ils doivent donner le bon exemple en s’acquittant des redevances des droits d’auteurs pour les œuvres qu’ils ont utilisées pendant la campagne législative de décembre 2016. C’est par voie de presse que nous avons eu la liste des différents candidats lors des élections législatives. Nous avons envoyé des émissaires lors des campagnes pour contrôler effectivement l’utilisation des œuvres de l’esprit des artistes. Nous avons également fait le constat par des huissiers. Nous avons la liste des députés qui ont payé et de ceux qui n’ont pas encore payé. Nous les exhortons à venir payer, parce que mieux vaut tard que jamais. Sous d’autres cieux, c’est inscrit au budget de l’Etat l’œuvre de l’esprit utilisée lors des meetings. L’Etat paye et ils ont le droit de les utiliser. Pourquoi ne pas essayer de le faire chez nous ? Cela va éviter beaucoup de problèmes plus tard’’, avance-t-il.

        

 

Patrick Bouyé 

bouyepat@yahoo.fr

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