Lors de l’hommage à Dj Arafat au stade Felix Houphouët Boigny, il a pleuré le Daïshi, accroché aux grilles des gradins, devant les caméras de RTI2. Ces images sont ensuite devenues virales sur les réseaux sociaux. Et Yannick Gra Gnamba alias Yannick Desvatche est devenu célèbre. Depuis, ‘’Le Chinois’’ est convaincu que ‘’le président’’ ne mourra pas. C’est pourquoi il continue de mener des actions pour pérenniser l’esprit chinois et l’œuvre de son idole Daïshi. C’est dans son quartier, à Yopougon-Cité Verte, que Top Visages Live a rencontré ce jeune homme.

 

. C’est ici que tu vis ?

– Oui, Yopougon-Cité Verte, c’est mon quartier d’enfance. J’y suis depuis l’âge de 5 ans.

. Quel est ton moral depuis l’inhumation de Dj Arafat ?

– Je fais l’effort de garder le moral haut, mais je suis tout même toujours triste et abattu depuis la disparition de Dj Arafat. Sa mort est une grosse perte pour la Côte d’Ivoire, l’Afrique et même le monde entier. Arafat était un grand artiste. Arafat était mon artiste préféré. Il était ma source d’inspiration.

. Comment est né cet amour pour Dj Arafat ?

– Tous les grands sentiments ne s’expliquent pas. Je ne sais pas pourquoi j’aime Arafat. Moi-même, je n’arrive pas à l’expliquer.

. A quand remonte cela ?

– C’est depuis son single ‘’Hommage à Jonathan’’. J’ai grandi avec ses différentes chansons. Et ce qui m’a fasciné, déjà à ses débuts, étant jeune artiste, il avait confiance à son talent. Il se voyait grand et big star dans l’avenir. Ensuite, il s’est forgé un caractère tout en travaillant dur pour atteindre ses objectifs. Avec son charisme, il a su traverser toutes les intempéries qu’on connait dans le couper-décaler. Et il a su s’imposer comme le leader. C’est tout cela de Dj Arafat qui me donne aussi la force de me battre au quotidien pour subvenir à mes besoins et me prendre en charge.

. Quelle activité fais-tu dans la vie ?

– Je suis vendeur de friperie, communément, on appelle ça ‘’Djassaman’’. J’avais mon petit coin non loin du grand marché de Marcory. Mais nous avons été déguerpis pendant les travaux du 3ème pont. Après, je suis parti au grand carrefour de Koumassi. Mais, récemment, tout été démoli à cause des travaux d’assainissement. Je suis venu au marché de Kouté, à Yopougon. Là-bas aussi, le marché a été réduit avec les nouvelles constructions. C’est pourquoi, présentement, j’ai besoin de soutien pour relancer mon business. J’ai passé 7 ans à Koumassi, je sollicite l’aide du maire, le ministre Cissé Bacongo afin d’avoir un magasin que je vais baptiser ‘’Friperie 1er choix’’. C’est mon rêve. Car je veux employer d’autres chinois dans mon activité. Par ailleurs, je remercie Mme Boni qui m’a donné 100 pièces de vêtements.

. Lors des obsèques de Dj Arafat, tu as exprimé dans ta profonde douleur en pleurant à chaudes larmes.

Je ne savais pas que c’étaient les derniers moments d’Arafat sur la terre. J’avais l’impression qu’Arafat était devant moi. C’était plus fort que moi. J’étais une personne transcendée. Quand je voyais tout ce monde réuni pour lui malgré tout ce qui avait été dit… Ces gens ont bravé la pluie et le soleil pour assister aux obsèques de mon idole. Quand je regardais le stade rempli de monde pour Arafat, je n’étais plus moi-même. Je ne savais pas que j’étais filmé. C’est dans le véhicule du retour que j’ai entendu les gens s’interroger sur ma personne. Lorsque je suis arrivé dans mon quartier, j’ai été accueilli en triomphe. Je remercie toutes les autorités pour leur implication dans les obsèques de mon artiste. Dj Arafat a reçu un hommage digne de son rang de président des Chinois que nous sommes. Je remercie le Président de la république M. Alassane Ouattara, le ministre d’Etat M. Hamed Bakayoko que je souhaite rencontrer et le ministre Cissé Bacongo.

. A quel moment tu es arrivé au stade ?

– A quelques semaines des obsèques, tous ceux qui me connaissaient savaient qu’à tous les coups, j’allais me rendre au stade. Mes parents et plusieurs personnes ont tenté de me dissuader à cause des rumeurs qui circulaient autour des circonstances de la mort de Dj Arafat. Et de l’affluence qu’il y aura dans lieu. Mais, avec l’amour que j’avais pour Arafat, je ne pouvais pas rater ce moment. C’était l’ultime occasion de lui rendre hommage.

. Comment as-tu appris la mort de Dj Arafat ?

– C’est dans ce même jardin, ici dans mon quartier, où nous sommes assis, qu’un ami m’a annoncé que mon artiste venait de mourir. Je n’en revenais pas. Avec les larmes aux yeux, j’ai commencé à chercher partout pour avoir la confirmation. J’ai passé des jours sans manger. J’ai même perdu du poids à cause de la nouvelle. Ce n’était pas facile pour moi, d’accepter la mort de Dj Arafat.

. De son vivant, avais-tu rencontré Arafat ?

– Ma première rencontre avec Dj Arafat, s’est faite en 2010 à la finale de Variétoscope. J’y étais, j’ai échangé avec lui. Ce jour-là, je devais prendre une photo avec lui. Malheureusement, le photographe a perdu du temps et Arafat est parti. Le 31 décembre 2013, j’étais à Gagnoa et j’ai appris que Dj Arafat était invité au Chocolaté Bar à Yopougon Petro Ivoire. J’ai quitté la ville à 11 heures et c’est vers minuit que je suis arrivé à Abidjan. Je me suis retrouvé dans ce bar vers 1 heure du matin, rien que pour voir mon idole. Il venait de remporter son trophée aux Kora.

. Que penses–tu de ceux qui ont profané de sa tombe ?

– C’est écœurant ce qui s’est passé. C’est une humiliation. Ceux qui l’ont fait n’aimaient pas Arafat. Arafat a bénéficié des obsèques les plus dignes de la part de nos autorités. Nous avons vu des artistes venir des quatre coins du monde. Il y avait plus de 124 chaînes de télévision pour le même évènement. La profanation a gâché tout cet évènement grandiose, qui été organisé. C’est un acte ignoble. Cela ne donne pas une bonne image de la ‘’Chine’’. Quand Arafat parlait de la ‘’Chine’’, c’était une philosophie, une mentalité, un mode de vie. La ‘’Chine’’ était un esprit pour canaliser ses millions de fans à travers le monde. La ‘’Chine ‘’ était la masse populaire qui le suivait avec un intérêt commun. Un vrai ‘’chinois’’ ne peut pas profaner la tombe de Dj Arafat encore moins déterrer le corps de Dj Arafat. Quand tu aimes une personne, tu l’aimes pour toujours.

. Arafat était ta source d’inspiration, il n’est plus. Que fais-tu ?

– Ma prière que Dieu accueille Dj Arafat dans son royaume. Certes, il n’est plus de ce monde, mais ces œuvres sont là. J’ai créé une page Facebook dans le but de relayer tout ce qui concerne Arafat. Je vais toujours démontrer aux yeux du monde qu’Arafat n’est pas mort. Parce qu’un artiste ne meurt jamais. Je sais que de là où Arafat se trouve, il me voit. Et je sais que mon idole est auprès de moi.

. As-tu d’autres projets pour pérenniser les œuvres de Dj Arafat ?

– Je connais l’art oratoire, je peux animer des capsules concernant Dj Arafat. S’il y a une structure professionnelle, c’est un projet qui peut intéresser les chaînes de télévision. La vie de Dj Arafat a traversé plusieurs étapes, on peut en faire une série télévisée. Cela nous permettra de parler toujours de Dj Arafat, notre Daïshi. Je vais à des concerts couper-décaler et à des soirées hommage à Dj Arafat pour parler de lui. Dans mes différentes publications, je continue la compagne pour l’obtention du disque d’or, qui était un vœu très cher à Arafat. Ça serait extraordinaire. Egalement pour le respect de la mémoire de Dj Arafat, la Yôrôgang doit démontrer son amour à son mentor. Dans la Yôrôgang, ce sont des gens honnêtes, soudés pour une seule cause, pérenniser l’œuvre du leader. Ils doivent tous s’assoir pour discuter afin de faire avancer la Yôrôgang à travers une bonne organisation. Je souhaite rencontrer Carmen, la ‘’mère’’ de la Chine pour lui témoigner ma reconnaissance pour ce qu’elle a fait auprès de mon idole.

. Qu’as-tu fait des nombreux dons que tu as reçus après ton direct avec Hassan Hayek ?

– Je remercie le grand frère Hassan Hayek, le père de la charité, qui a pris l’initiative de faire une vidéo live dans laquelle, il a demandé que les gens de bonne volonté m’aident à relancer mon business de friperie. Ayant perdu mes pièces d’identités et mon téléphone à l’entrée du stade pendant les obsèques, quand on faisait le direct, j’ai communiqué le numéro de téléphone d’un grand frère du quartier qui m’avait accompagné chez Hassan. Mais par la suite, lorsqu’il recevait les appels téléphoniques des éventuels donateurs et les transferts d’argent, il est devenu de plus en plus distant envers moi. Quand je totalise dans l’ensemble, il m’a remis 150 mille. Tantôt, il me disait qu’il n’a pas encore reçu tous les dons que les gens ont promis. Malheureusement, il ne m’a jamais dit exactement le montant qu’il a perçu des donateurs. Et, depuis quelques semaines, je n’ai plus de nouvelles de lui dans le quartier. J’ai même informé Hassan Hayek de la situation.

Réalisée par Charly Légende

 

 

 

 

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